L’éloquence silencieuse

Dans l’ode No 685, Rûmî nous parle de l’éloquence silencieuse, ce dialogue de coeur à coeur, sans artifice. Cet ode nous invite à porter notre attention sur les aspects sacrés, purs de la vie. Il nous enjoint à développer ce langage du coeur et laisser l’amour-propre de côté. Voici ce qu’il nous livre aujourd’hui :

Mon coeur se lamente avec le coeur de l’Ami :
Telle est l’éloquence silencieuse.
Je parle sans remuer les lèvres,
Puisque les jaloux prêtent l’oreille.
Je sais que la langue et l’oreille sont tous deux indiscrets ;
Je parle avec mon coeur, car le coeur est loyal.
Cent flammes de feu brillent dans les yeux,
Elles viennent du point le plus subtil du coeur, qui est le feu.
Le plus étrange est que, dans ce coeur enflammé,
Se trouvent tant de roses, de verdure, de jasmins.
Par ce feu, le jardin devient plus frais encore
De telle sorte que l’eau est unie à la flamme.
O mon âme, tu demeures dans la prairie,
Là, le coeur et l’intelligence glanent les épis.
Là où l’impiété et la foi n’ont pas de place,
Que viendrait faire l’amour-propre de tel ou tel ?

Podcast et intermède musical: L’éloquence silencieuse

Haut de page

Tu es la goutte de mon océan

Confiance et soumission en toutes circonstances sont, ma fois, bien difficiles!
L’Amour a beau frappé à notre porte, il est souvent plus facile de rester cloitré chez soi, dans son mal-être, sa tristesse, ses attentes, ses souffrances et illusions que d’ouvrir la porte à l’Ami! Nous avons tous fait cette expérience! Et pourtant la Sagesse au fond de notre coeur nous dit exactement ce que Rûmî traduit par ce poème!

Hier matin en passant, l’Ami m’a dit:
“Tu es épris et hors de toi; combien de temps cela durera-t-il?
Mon visage fait l’envie de la rose, tandis que toi
Tu as les yeux rougis et tu cherches les épines”.
J’ai dit: “O toi devant la taille de qui le cyprès semble un arbuste,
O toi auprès du visage de qui le flambeau du ciel paraît sombre,
O toi par qui le ciel et la terre sont bouleversés!
Quoi d’étonnant que je n’aie pas audience auprès de toi?”
Il répondit: “Je suis ta propre âme et ton propre coeur, pourquoi es-tu frappé de stupeur?
Ne souffle mot et reste à côté de moi en pleurant.”
J’ai dit: “O toi qui as ravi le repos à mon coeur et à mon âme.
Je n’ai pas la force de rester calme”. Il me dit enfin:
“Tu es la goutte de mon océan, ne parle plus.
Sois noyé, et ton âme, comme une coquille, se remplira de perles.”
(Odes mystiques No 1022)

Podcast: Tu es la goutte de mon océan

Haut de page