Enseigne cette joie et cette contemplation

  1. Shemsi Husser 3:44

Haut de page

Enseigne cette joie et cette contemplation

Rûmî par l’ode No 98, nous rappelle combien les soucis de ce monde sont cause d’amertume et de désespoir. Il s’adresse au Bien-Aimé en ces termes : « A tous les coeurs qui ne tremblent pas pour toi, à tous les yeux qui ne pleurent pas, Ô mon Seigneur ! Enseigne cette joie et cette contemplation « ..,.
Je ne peux m’empêcher de vous partager cet ode, ce trésor, en ces temps d’incertitude et de doutes collectifs ….

O toi par le regard de qui le nom et le nommé sont devenus ivres !
O toi sur les lèvres de qui l’âme, cette beauté, goûte la douceur.
A quoi nous servent ces fables du boeuf qui est venu, de l’âne qui est parti …
Sois attentif à ces instant ineffable ; éloigne-toi de ces vains bruits.
O roi, exerce ta suzeraineté, glorifie l’assemblée de fête.
O toi cette âme qui répand ses bienfaits sur Vâmeq et Azrâ,
Tu es à la fois le nourricier des âmes et le fleuve de vin et de lait ;
Tu es en même temps le jardin du paradis et le vert jujubier.
Sauf cela, je ne dirai rien ; et même si je parle
Les hommes vils diront que cela est impossible et n’est que paroles vaines.
Si tu veux que je parle, donne-moi cette coupe de vin matinal,
Afin que viennent danser le firmament et cent Vénus éclatantes.
Là où se trouve l’amertume causée par les soucis de ce monde,
Notre coeur est déchiré et se lamente.
Lève-toi et ferme jalousement la porte.
Où tu te trouves, la maison devient un jardin et une roseraie.
D’où vient cette lumière du Dieu Béni et TrèsHaut,
Puissant et victorieux à la fois, le commencement et la fin.
Au début sont le chagrin et la noire humeur atrabilaire : à la fin la Main blanche.
A tous les coeurs qui ne tremblent pas pour toi, à tous les yeux qui ne pleurent pas,
O mon Seigneur ! Enseigne cette joie et cette contemplation …

Podcast et intermède musical: Enseigne cette joie et cette contemplation

Haut de page

Insuffle dans nos oreilles le souffle divin

Avec l’ode No 11, Rûmî attire notre attention sur le fait que quelles que soient les épreuves auxquelles l’homme doit faire face, quelle que soit l’époque, il est invité, à chaque fois, à se rappeler qu’il est intimement uni au Bien-Aimé. « …rend vivant cet être d’eau et d’argile  » dit-il,  « Insuffle dans nos oreilles le souffle divin ».
Puissent les coeurs endurcis par les épreuves entendre le souffle divin et se réveiller à Sa présence.

O oiseau dont la voix ressuscite les morts, ô rossignol aux doux chants,
Ravis Zohra par cette mélodie qui redonne la vie.
Montre ta beauté, afin qu’amis et ennemis
Apportent le témoignage de leurs visages pâlis, de leurs yeux pleins de larmes.
Le chagrin fait gémir tous les hommes et les femmes :
« Sauve-nous de la peine qu’inflige ce tyran pareil au dragon ! »
Tu as fait résonner, de toute sa puissance, le luth du chagrin
Avec les sons graves ou aigus de tes paroles : « Eloigne-toi » .
Pour que, grâce à ton équité, le néant donne naissance à des chants passionnés, ô toi aux purs accents,
O échanson !  Souviens-toi de nous ! Remplis cent outres de ton souffle,
Rends les âmes pleines d’amour comme Farhâd, éprises de cette Face belle comme Shirîn.
Puisque tu es le Séraphiel du coeur, rend vivant ces êtres d’eau et d’argile ;
Par bonté, insuffle dans nos oreilles le souffle divin.
Nous sommes pareils à une meule dressée, où le blé se mêle à la paille ;
Par le souffle vivifiant du vent, sépare des fétus le grain,
Afin que le chagrin aille au chagrin, et la joie à la joie,
Afin que la boue aille à la boue, et que le coeur monte au ciel.
Ces grains précieux, demeurés prisonniers du sol,
Attendent la pluie favorable, ils désirent la brise matinale,
Pour que le sort de l’âme soit précieux comme l’or, qu’elle soit unie au Bien-Aimé.
D’inférieure, elle deviendra élevée, de paille elle deviendra ambre.
Garde le silence. Il m’a été permis de dire
Un secret que nul jusqu’à moi n’a murmuré à l’oreille des Frères de pureté.

Podcast et intermède musical: Insuffle dans nos oreilles le souffle divin

Haut de page

Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir

 

Dans l’ode No 99 Rûmî implore le Bien-Aimé, Lui, le créateur de toute chose, de toute vie, en tout lieu, de poser son regard bienveillant sur les créatures.
La douleur de la séparation après la mort de Shams de Tabriz, fut telle, qu’il s’est laissé consumé par l’Amour infini du Bien-Aimé.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir implore-t-il, sors de ta cachette.
Cet ode, tout entier, est une louange à l’Amour infini de Dieu en toute circonstance.
A chacun de le vivre au plus profond de son âme ! A chacun de célébrer la beauté de Son Amour en tout geste, en toute parole, en tout lieu, en toute vérité et en toute simplicité !

Le bien-aimé s’est caché à cause des querelles :
Tous sont partis, tout est désert. Sors de ta cachette.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir,
Donne la joie à mon visage pâli par le souci.
J’ai transformé mon être en océan de larmes :
Pourquoi ne viens-tu pas contempler l’océan ?
Puisque tu as vu dans le miroir ton propre visage,
Où trouver une vision plus noble que celle-là?
Je me trompe : le miroir ne te contient pas,
Par ta lumière, toutes choses s’anéantissent.
Ce miroir n’a plus besoin de subir de polissage :
C’est par ton visage qu’il devient limpide et pur.
Tu es caché comme l’intelligence, et tout vient de toi,
Les ruines comme les édifices, et cela en tout lieu.
Quiconque demeure dans ta proximité,
Devant lui s’abaisse la terrasse des Pléiades.
Quel est l’état du corps, quand il est séparé de l’âme ?
Quelle excuse aurait celui qui devant toi peut rester indifférent ?
Quel secours trouverait-il chez ses amis intimes
Celui qui est resté esseulé loin de l’âme pleine de douceur ?
Tu es plus suave que le matin, pour les créatures, chaque jour.
Tu es plus délicieux que le sommeil pour ceux qui sont las, le soir.
Je t’ai vu dans mon âme, et je me suis senti délivré.
Je ne parle pas, comme les égarés, des raisons contingentes.
Puisque tu as mis le feu de l’amour dans l’univers,
Le monde est devenu tout rempli de suavité.
La lune et le soleil tirent de toi leur beauté,
L’étoile polaire et les Gémeaux tirent de toi leur être.
Si la nuit est devenue la guérison et le repos des créatures,
C’est parce que ton amour lui a donné cette quiétude des ténèbres.
Les créatures sont pareilles au phalène, le jour est comme la chandelle :
Tu l’as rendu beau par ta propre beauté.
Pour chaque phalène qui a vu ta flamme,
La nuit est devenue plus éclatante que l’aurore.
Il vole autour de la flamme de ta beauté
Jour et nuit, et n’éprouve nulle crainte.

Podcast et intermède musical: Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir

Haut de page

La joie de l’anéantissement

Dans cet Ode  No 863, Rûmî nous invite à vivre l’expérience de l’anéantissement, du bonheur et de la joie retrouvés ! Il nous livre ô combien il importe de mettre à l’épreuve l’anéantissement ! « O Bien-Aimé ! » dit-il,  « réconcilie-moi avec l’anéantissement ! »
Ce n’est qu’après avoir fait cette expérience que l’âme retrouve toute sa paix et sa grandeur !

Le feu a dit hier en cachette à l’oreille de la fumée :
« L’aloès ne peut me supporter, pourtant il se sent heureux avec moi ;
C’est lui qui sait m’apprécier, c’est lui qui me rend des actions de grâces.
Car l’aloès a trouvé un bienfait dans son propre anéantissement.
L’aloès était tout entier fait de noeuds, de place en place,
La joie de l’anéantissement a brisé tous ses noeuds.
O mon amie amoureuse de la flamme, sois la bienvenue » !
O toi que je martyrise et que j’anéantis, ô gloire d’entre les témoins !
Vois que le ciel et la terre sont à la merci de l’existence.
Enfuis-toi vers le néant, loin de ces deux infirmes.
Chaque âme qui fuit la pauvreté et l’anéantissement,
Oh ! chose déplorable ! s’enfuit loin du bonheur et de la joie.
Personne ne triomphe avant d’être anéanti :
O Bien-Aimé ! réconcilie-moi avec l’anéantissement !
Cette sombre poussière, avant d’être totalement anéantie
Ne peut être glorifiée, ni échapper à la stagnation.
Tant que l’embryon était l’embryon, que son état de germe n’avait pas disparu,
Il n’a trouvé ni la stature du cyprès, ni la beauté du visage.
Quand le pain et les aliments sont consumés dans l’intérieur du corps,
Ils se transforment en intelligence, en âme, en objet d’envie.
Avant que la pierre noire n’ait été entièrement anéantie,
Elle n’est devenue ni or, ni argent, ni métal des monnaies.
D’abord sont l’humilité et la servitude, puis vient la couronne du Roi des rois.
Dans la prière, on se tient debout avant de pouvoir s’asseoir.
Une vie entière, ta propre existence a été mise à l’épreuve ;
Mets une fois aussi à l’épreuve l’anéantissement.
Les fastes de l’anéantissement ne sont pas non plus un leurre ;
Partout où apparaît la fumée, cela prouve l’existence du feu.
Si l’amour n’a pas de desseins sur nous, s’il n’a pas pour nous de désir,
Quelle extravagance lui a fait ravir notre coeur et notre esprit ?
L’amour est venu nous prendre par la main,
Il nous amène à chaque aube à l’école de ceux qui « accomplissent les promesses ».
Des yeux des croyants il fait couler les larmes du repentir,
Afin qu’elles lavent le coeur de la négation et de la haine.
Tu es endormi, alors que l’eau de Khezr jaillit sur toi :
Lève-toi de ton sommeil et saisis la coupe de l’éternité.
Le reste, c’est l’amour qui te le dira, en cachette de moi.
Sois comme les compagnons de la Caverne, à la fois endormis et éveillés.

Podcast et intermède musical: La joie de l’anéantissement

Haut de page