Les pensées sont comme une flamme

Par la brièveté de l’ode mystique No 93, Rûmî nous rappelle combien les pensées sont comme une flamme : dévastatrices. Il nous met en garde de ne pas les laisser survenir et dévaster la quiétude de l’âme, l’immensité de la Grande Félicité ! Il nous invite à nous livrer à l’émerveillement de ce qui est présent et à nous perdre dans l’ivresse de la Lumière divine.
C’est une invitation à nous lancer, confiants, dans la célébration de l’Amour de Dieu.
Une invitation à la Foi, une invitation à choisir de nous nourrir d’Amour et de Pure Lumière et ainsi renoncer aux miettes de cupidité, de jalousie, de violence, de notoriété, de possessions et de pouvoirs !

Ne pense pas, ne pense pas, car les pensées
Sont comme une flamme qui consume tout de fond en comble.
Perds la raison, perds la raison par l’ivresse et l’émerveillement,
Afin que toute la roselière donne naissance à des cannes à sucre.
La bravoure est folie, n’y pense pas, renonce à elle ;
Comme les lions et les hommes, renonce aux vains espoirs,
Car les pensées sont comme un piège, les gaspiller est interdit.
Pourquoi tant d’artifices pour obtenir des miettes ?
Si tu t’abstiens de nourriture, inutile de te livrer à de telles ruses.
Si l’avidité se plaint, nous resterons sourds à ses appels

Podcast et intermède musical: Les pensées sont comme une flamme

Haut de page

Les quatre oiseaux immatériels

Enseignement tiré du Mathnâwî livre V

Les quatre oiseaux qui barrent la voie sont en réalité quatre caractéristiques corporelles; les sacrifier permet à l’âme de s’élever.
Les quatre oiseaux immatériels qui barrent la Voie ont élu domicile dans le coeur des hommes. Il s’agit: du canard, du corbeau, du paon et du coq.
Ce sont des images de quatre mauvaises dispositions dans les âmes.
Le canard représente la cupidité, le coq la luxure, l’arrogance est semblable au paon et  le désir au corbeau.
L’objet du désir du corbeau est l’immortalité ou la longue vie.
Le canard est la cupidité, son bec est toujours sur le sol cherchant ce qui est enfoui dans ce qui est humide ou sec. Son gosier n’est jamais en repos pour un instant. Il n’écoute rien des ordres divins sauf celui de “mangez”.
C’est comme un pillard emportant à la hâte tout ce qu’il trouve, bon ou mauvais, entassant l’humide sur le sec de peur qu’un autre ennemi n’arrive et le prenne avant lui! Il n’a pas confiance en son Seigneur.
Le croyant ayant confiance en cette Vie divine se comporte tout différemment; il ne craint pas de manquer sa chance, ni d’être privé de son profit. Il a constaté la justice du roi, en conséquence il ne se hâte pas et reste calme. Il possède beaucoup de réflexion, de patience et de longanimité; il est content, désintéressé et son coeur est pur!
Pouvoir “couper le cou” de ces quatre oiseaux reviendrait à purifier son caractère, à polir son coeur des scories jusqu’à le rendre lisse comme un miroir. Ca reviendrait à mourir à l’égo, à leurs tentations et provocations à l’égarement; et “s’approprier leurs pattes”, signifie utiliser la force sous-jacente pour rejoindre la Vie divine. Pour marcher sur la Voie de Dieu, s’élever et ainsi s’approcher du but.

L’intermède musical est tiré de l’album : Sufi Music of turkey de Kudsi Erguner  Podcast: Les quatre oiseaux

Haut de page