Le bonheur est devenu notre voisin

La quête du bonheur et de l’amour est et reste d’actualité à travers les époques, Rûmî nous en parle tout au long de ses enseignements. Je vous partage aujourd’hui une de ses nombreuses merveilles, pur ravissement pour le coeur et l’âme.
Voici l’ode No 142

Le bonheur est devenu notre voisin. Salut aux voisins !
Désormais, il ne restera ni celui-ci, ni celui-là.
Enfin, de l’orient de l’âme a jailli, comme le soleil,
Celui que l’âme cherchait, en public et en secret,
Celui-ci, qui est de loin comme le feu, et de près comme la lumière,
Pareil au Buisson ardent pour vous mettre à l’épreuve.
Salut, ô vous dont les âmes sont semblables aux phalènes, orientez-vous sur ce feu.
Puisqu’au commencement vous avez dit « Oui », acceptez le malheur.
Il est semblable à la salamandre qui demeure dans le feu
Celui qui a dans le coeur et dans l’âme un tel désir et un tel amour.

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Où se trouve-t-il

La Quête du Bien-Aimé est infinie ! Rûmî nous le rappelle au travers de l’ode No 412 autre perle de ce Trésor Caché !  » Celui qui me sépare de mon âme et de mon coeur, où se trouve-t-il ? *
Nous avons tous de quoi méditer sur ce questionnement … :  » Où se trouve-t-il ? »

Celui qui me rend ivre sans vin, où se trouve-t-il ?
Celui qui me sépare de mon âme et de mon coeur, où se trouve-t-il ?
Celui sur la seule tête de qui je jure, où se trouve-t-il ?
Celui qui m’a détourné de mon serment et de mon repentir, où se trouve-t-il ?
Celui par qui les âmes s’écrient à l’aube, où se trouve-t-il ?
Celui dont le chagrin nous a vaincus, où se trouve-t-il ?
Il est l’âme de l’âme, et s’il n’est pas contenu dans un lieu, quoi d’étonnant ?
Celui qui cherche une demeure et qui demeure dans notre propre corps, où se trouve-t-il ?
Sa coquetterie n’est qu’un prétexte, il éprouve, lui aussi un désir.
Celui qui se cache derrière cette coquetterie pour blesser notre coeur, où se trouve-t-il ?
Celui qui a mis sur le coeur un voile lumineux et y a projeté des images,
Celui qui a placé dans le secret un tel voile, où se trouve-t-il ?
L’intelligence avant de devenir ivre ne renonce pas à ses « comment », ses « pourquoi » :
Celui qui est enivré et qui a échappé au « comment » et « pourquoi », où se trouve-t-il ?

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Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ?

  1. Shemsi Husser 3:43

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Sa lumière ne laisse subsister aucun voile

Comment prendre conscience de l’importance de vivre en toute confiance dans l’union absolue en Dieu ? Que Sa lumière ne laisse subsister aucun voile ? Que la voie de l’anéantissement en Lui l’emporte même sur TOUT ?
Pour ce faire, voilà ce que Rûmî nous dit au travers de l’Ode No 131.

Je suis allé, comme Moïse, au temps du désir et de la vision,
Vers le Mont Sinaï. O ! joie ! O ! joie !
J’ai vu là un sultan, un Khosraw, qui accroît la vie,
Qui ravit les coeurs, qui ennoblit l’âme, plein de grâce et de beauté.
Le Mont Sinaï, la plaine et la campagne, par le reflet de sa lumière
Sont devenus pareils au paradis éternel, remplis d’éclat et de gloire.
Les échansons, lumineux comme l’argent, la coupe d’or à la main,
Présentaient aux yeux de notre Roi un visage semblable à la lune rayonnante.
Par Sa beauté, les visages pâlis devenaient pleins d’éclat ;
La poussière de Ses pas illuminait, tel un collyre, les yeux des amis intimes.
Le chant célébrant Son amour remplissait la terre de ferveur ;
Le désir de l’union avec Lui jetait le firmament en un tournoiement sans fin.
Quand ce Roi des rois jette un regard sur l’anéantissement,
L’anéantissement l’emporte sur la vie éternelle.
Le ménestrel, à cet endroit, confond les mélodies
Car Sa lumière ne laisse subsister aucun voile.
L’ombre de Sa grâce est unie au soleil de Sa faveur.
La coïncidence des contraires est rendue possible par la perfection de Son amour.
Quand la brise matinale a retiré le masque de Son visage,
L’image de toute chose s’est effacée et s’est anéantie,
Mais dans cet effacement, l’existence est devenue centuple.
L’existence de l’effacement et l’effacement de l’existence sont devenus apparents à mes yeux.
Dès que j’ai vu, au-delà de ce monde pareil à l’âme,
Les atomes pleins de fidélité et de pureté dans leur désir pour Lui,
Je suis devenu tellement confus devant Lui que la nécessité
A chaque instant s’impose à moi de briser le Zonnâr.
J’ai dit : « O beauté pareille à la lune, je me repens, ne repousse pas les repentirs ».
Il répondit : « Tu as bien du chemin à faire avant de voir ce qu’est le repentir ! »
Il disait vrai : je suis loin de ma beauté au visage de lune,
Comme le pèlerin égaré dans le désert plein des ronces de la mort.
La lumière de cette lune est pareille à l’étoile de Canope, la ville de Tabrîz semblable au Yémen ;
Tout cela n’est qu’images de notre Roi qui règne dans les hauteurs.

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Le vin de Dieu

Dans cet Ode No 78, Rûmî nous parle des enivrés de Dieu, de ceux qui vivent dans Sa Présence, qui se nourrissent de Son Amour. Il décrit la subtilité de l’âme, Sa délicatesse. Il tente de nous faire comprendre que les soucis du quotidien ne concernent pas la réalité de l’âme. En effet, elle est bien loin des besoins du « pain quotidien », à savoir les attachements émotionnels, les préoccupations financières, les désirs de pouvoir et de notoriété ou toute autre forme de possession matérielle.
Le vin de Dieu n’est autre que Son Amour, trésor caché au plus profond du coeur de l’homme, si proche et pourtant si difficile à atteindre seul. Une fois de plus Rûmî nous guide sur ce sentier divin.

O échanson enivre le buveur avec le vin de Dieu;
Sers le vin du Seigneur au coeur embrasé.
Parle moins du pain quotidien dans l’assemblée de ceux qui sont ivres ;
L’eau seule convient à ceux qui vivent dans l’eau.
Par ton éclat et par ton ordre, tu as détruit le corps ;
O âme, orne cette ruine avec le trésor qui s’y cache.
Ton amour transforme en roseraie le désert de sel,
Ta vague fait pleuvoir des perles de l’oeil du nuage.
Donne-nous plus de vin, écarte de nos yeux le souci ;
Que sait de la nuit celui qui est endormi ?
Quiconque boit à la même coupe que l’invité divin est un ange :
Pour les hommes de bien, c’est du ciel que descend ce vin.
L’ami intime de Dieu boit du vin exquis dans ses coupes :
C’est dans l’amphore de la dévotion que se puise ce vin pur.
Comment l’homme lucide comprendrait-il l’inconscience de ceux qui sont ivres ?
Comment Abû-Djahl comprendrait-il les états mystiques des Compagnons du Prophète ?
Pour les Soufis, le maître est Dieu, sans intermédiaire ;
Pour les Sabéen et les « gens du livre », c’est le livre qui est le maître.
Puisque tu es ami de Dieu, puisque tu as dépassé les intermédiaires,
Arrache le masque du visage des beautés masquées.
Le négateur qui, par manque d’espérance, dit : « Tu ne trouveras pas »,
L’obstacle sur sa route est ce « tu ne trouveras pas ».
Il n’est ni l’aigle blanc, ni le rossignol à la voix si pure ;
La ruine de ce monde vaut mieux pour ce hibou noir comme un corbeau.
Silence, ne parle plus. N’augmente pas les discussions et les querelles,
Car c’est de l’invisible que provient le message aux âmes dignes de le recevoir.

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