Le ciel et l’enfer

Dans l’une des quarante Règles de l’Amour, Shams de Tabriz nous rappelle que le ciel et l’enfer ne sont pas en dehors de ce monde-ci, mais en sont une réalité manifeste au quotidien ! Il nous invite à méditer sur le sens “du ciel” et de “l’enfer”, nous renvoyant à notre responsabilité. L’enfer n’est pas une fatalité punitive de l’autre monde… il est le résultat immédiat de nos enfermements, tout comme le ciel est le résultat de l’ouverture à l’Amour…

L’enfer est dans l’ici et le maintenant. De même que le ciel. Cesse de t’inquiéter de l’enfer ou de rêver du ciel, car ils sont tous deux présents dans cet instant précis. Chaque fois que nous tombons amoureux, nous montons au ciel, Chaque fois que nous haïssons, que nous envions ou que nous battions quelqu’un, nous tombons tout droit dans le feu de l’enfer.

Combien de fois en une seule journée montons-nous au ciel et combien de fois tombons-nous dans l’enfer ?

Podcast et intermède musical: Le ciel et l’enfer

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Le créateur des actions

Je vous invite aujourd’hui à une réflexion sur le chapitre 54 du Livre du Dedans.
Rûmî dit :”Autrefois, lorsque j’écrivais des vers, j’avais une grande impulsion intérieure qui me poussait à les composer, et cette inspiration faisait impression sur les auditeurs. A présent que l’impulsion décline, les impressions demeurent vives.”
Sur la base de ces paroles, nous pouvons méditer sur la source, le créateur des actions.
L’homme est-il créateur de ses actions? Peut-il par lui-même créer quoi que ça soit? NON! Il est l’acteur des actions divines. D’où provenait l’impulsion intérieure de Rûmî pour écrire ? Qui lui donnait l’inspiration ? Quel était le but de ces compositions ? DIEU seul connaît la portée de ce qu’Il induit dans le coeur des hommes. Est-il dans les compétences de l’homme de créer l’inspiration ? Il est écrit dans le Coran : “Seigneur du Levant et du Couchant” qui signifie “Il (Dieu) éduque les impulsions qui apparaissent et disparaissent.”
Le créateur des actions, avec certitude, est Dieu !
“Chaque action, bonne ou mauvaise, procède de la créature ; elle les effectue avec un mobile et une intention, mais la valeur de cette action n’est pas à la mesure de ce qu’elle imagine. Dieu seul connaît l’utilité totale de cette action et sait quel fruit on peut en tirer.”

Qui d’entre nous n’a pas fait cette expérience ? Agir quelque chose dans un but bien précis et finalement obtenir tout autre chose que ce qui était espéré ou souhaité ? Il ne suffit pas de vouloir quelque chose pour que cela se produise, encore faut-il que ça soit conforme au décret divin ! Tant que l’homme agit pour la satisfaction des sens de ce monde-ci, indifférent au monde divin, il n’obtiendra pas autre chose que de l’éphémère!
Quand l’esprit de l’homme s’éveille alors, ce monde-ci devient indifférent et ses actions sont tournées vers la satisfaction du décret divin. Il obéit à un appel intérieur, à un ordre divin, quand bien même il ne peut pas encore mesurer la portée de ses actions, il les pose en toute confiance et en accueille les résultats, quels qu’ils soient ! Ce qui inspire le coeur de l’homme, c’est le Trésor du Roi ! Ce Trésor enfoui au plus profond de ses fondations.
Le créateur des actions est Dieu ! A n’en plus douter !

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Le corps et l’âme de la prière

La prière est un vaste thème sur lequel il est possible de se pencher quotidiennement! Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur le sens “Le corps et l’âme de la prière”.
Le corps et l’âme de la prière sont comparables au corps physique et à l’âme qui le porte. Le corps de la prière étant sa forme, sa récitation, les paroles et la gestuelle employées. Rûmî nous dit que: “tout ce qui a un commencement et une fin est comparable à un corps”. La prière en ce sens, est donc un corps, tandis que “l’âme de la prière est inconditionnée et infinie” nous dit aussi Rûmî, elle n’a ni commencement ni fin.
Le chapitre No3 du Livre du Dedans commence en ces mots: L’émir Pervâna dit: “Nuit et jour, mon coeur et mon âme sont à votre service, mais comme je suis occupé avec les affaires des Mongols, je ne suis pas en mesure de vous servir.”
L’âme de la prière est l’attitude intérieure, celle-là même qui fait que rien ne peut distraire le “priant”. La prière sans cette attention, sans cette attitude intérieure n’est rien, tandis que l’attitude de dévotion au divin, qui ne laisse aucune chance à la distraction, même sans forme est la véritable prière.
Autrement dit, l’émir Pervâna, bien que ne pouvant pas être physiquement au service du Maître, est, de par son attitude intérieure, intimement livré au service divin, donc du Maître!
Un corps peut-il vivre sans âme, sans le souffle divin? Non ! Alors que l’âme, même sans corps de matière, EST ! “L’âme de la prière prépare à l’absorption en Dieu et à la perte de conscience” est-il encore dit au chapitre 3 du Livre du Dedans.
Le corps et l’âme de la prière sont une invitation de chaque instant à l’éveil. Chacun pouvant s’interroger sur son attitude intérieure durant sa récitation de prière ou selon son investissement dans ses tâches de dévotion au divin ! Chacun pouvant s’interroger sur ce qui lui importe entre la forme et l’âme.

Shams de Tabriz l’a enseigné en ces mots: “Quand un soufi regarde quelqu’un, il ferme ses deux yeux et ouvre le troisième, celui qui voit le royaume intérieur.”

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Le premier pas

En ce premier jour de l’an, je vous présente mes meilleurs voeux pour une année riche, abondante et prospère. Abondance de joie, de sérénité, de bonheur, d’amour, de courage, de vérité, de temps pour méditer, prier, nourrir votre coeur. Abondance de découvertes, d’engagement, de foi et de confiance.
Pour bien des gens, chaque nouvelle année débute avec son cortège de “bonnes résolutions” qui très vite tombent dans le casier des oubliettes… Pour éviter que cela ne se répète cette année aussi, je vous partage une des précieuses règles de Shams de Tabriz qui dit ceci :
Ne te demande pas où la route va te conduire. Concentre-toi sur le premier pas. C’est le plus difficile à faire.”
La prospérité est le résultat de votre engagement, dans tous les domaines. Elle apparaît au fur et à mesure de la marche sur le chemin….
Puisse le premier pas de vos résolutions se faire en toute confiance, et votre marche être longue !
Belle, bonne et heureuse année 2015 !

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Le miroir du coeur

Seuls les yeux purifiés perçoivent l’immanence de Dieu. C’est ce que nous dit Rûmî en ces mots : Si tu bois, assoiffé, de l’eau dans une coupe, c’est Dieu que tu contemples au sein de l’eau. Celui qui n’est pas un amoureux de Dieu ne voit dans l’eau que sa propre image.” Seul le coeur poli par l’ascèse est susceptible de devenir ce miroir sans tache où se reflètera le Divin.
La première qualité requise d’un miroir est la fidélité et pour que l’image soit exactement reflétée il faut que sa surface soit claire! “La réalité divine des choses peut se manifester d’une manière claire à condition que le miroir du coeur ne soit pas souillé par les impuretés de ce monde” nous dit Ghazâlî. La netteté du miroir symbolise l’intégrité morale.
Nous trouvons dans le premier Livre du Mathnawî l’histoire des Chinois et des Byzantins.
Les Chinois disaient: “Nous sommes les meilleurs artistes.”
Les Byzantins, eux, disaient: “C’est à nous qu’appartiennent le pouvoir et la perfection.” Le Sultan décida de les mettre à l’épreuve. Il accorda une salle à chacun d’eux. Les salles se faisaient face, séparées par une porte. Les Chinois s’installèrent dans l’une d’elles, les Byzantins dans l’autre. Les Chinois demandèrent au roi de leur attribuer cent couleurs. Ni teinte ni couleur pour nous déclarèrent les Byzantins, nous devons retirer la rouille. Et chacun se mit au travail. Les uns peignant, les autres polissant les murs jusqu’à les rendre purs et clairs. Lorsque les Chinois eurent terminé leur oeuvre, le Sultan vint l’admirer. Ce qu’il vit ravit son coeur. Puis il se rendit dans la salle des Byzantins, et lorsque les portes furent ouvertes, l’oeuvre d’art des Chinois vint se refléter sur les murs polis, tel un miroir, rendant l’oeuvre plus magnifique et étincelante. Cela ravissait le regard !
Les Byzantins sont ceux qui ont poli leurs poitrines et les ont purifiées du désir, le la cupidité, de l’avarice, des haines… C’est cela le miroir du coeur ! Un coeur qui reçoit d’innombrables images, un miroir sans limites !
L’effet de corruption sur le coeur est comparé à la lente accumulation de la rouille sur le métal, l’ascèse est comparée au polissage.
Ceux qui ont poli leur coeur contemplent sans cesse la Beauté à chaque instant.

L’intermède musical est de Kemal Faruk   Podcast : le miroir du coeur

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