Un maître

Sur le chemin qui nous mène à Dieu, nous avons besoin d’un maître, d’un guide de confiance, tous. Comment le reconnaître et où le trouver ? Voici ce que nous dit Shams de Tabriz dans une des quarante règles de la religion de l’Amour :

« Il y a plus de faux gourous et de faux maîtres dans ce monde que d’étoiles dans l’univers. Ne confonds pas les gens animés par un désir de pouvoir et égocentristes avec de vrais mentors. Un maître spirituel authentique n’attirera pas l’attention sur lui ou sur elle, et n’attendra de toi ni obéissance absolue et admiration inconditionnelle, mais t’aidera à apprécier et à admirer ton moi intérieur. Les vrais mentors sont aussi transparents que le verre. Il laissent la lumière de Dieu les traverser. »

Et dans le Mathnâwî livre IV, nous pouvons lire :

« Prends garde ! Ne cours pas à la poursuite de l’âme charnelle […]
Si tu pars, pars à la poursuite de l’Anqâ du coeur, vers le mont Qâf et la mosquée lointaine du coeur.
A chaque instant une nouvelle plante, provenant de ta cogitation, pousse dans ta Mosquée lointaine.
Comme Salomon, rends-lui justice : étudie-la, ne la repousse pas du pied,
Parce que les diverses sortes de plantes indiquent l’état intérieur de cette terre ferme !
[…] Chaque sol est révélé par ses plantes.
C’est pourquoi le sol du coeur, dont la pensée est la plante – ces pensées révèlent les secrets du coeur.
[…] Ô Dieu qui connais les secrets et qui es bienveillant en paroles, ne nous dissimule pas les défauts de l’action mauvaise,
Et ne nous montre pas l’imperfection de l’action bonne, de peur que nous ne devenions découragés et loin de parcourir la Voie. »

Le premier Vrai Maître est en nous et c’est Lui qui nous guide, si nous l’écoutons, à la rencontre d’un maître authentique, qui saura nous accompagner et nous faire découvrir les Beautés intérieures, notre Véritable nature de perfection !

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La Religion de l’Amour

La vie de Rûmî bascula le 9 novembre 1244, jour où Shams de Tabriz fit irruption dans sa vie! Shams, ce derviche errant, à la recherche du réceptacle qui pourrait contenir, comprendre et diffuser la richesse du Savoir qu’il avait engrangé, le trouva en la personne de Rûmî ! De cette rencontre est issus la beauté de l’enseignement de Mawlânâ : la Religion de l’Amour !
Tout ce que Rûmî avait vécu avant, sa formation de théologien et de soufi, ses ascèses, ses expériences spirituelles avaient été, il le dira plus tard, une préparation à ce qu’il allait vivre avec Shams de Tabriz. Rûmî était un maître accompli, certes, pourtant il découvrit à travers l’enseignement de Shams de Tabriz, la vision de la théophanie !
En acceptant de voir sa vie basculer sens dessus-dessous, Rûmî, nous démontra ô combien il est important de faire confiance en la Sagesse de l’Aimé ! Il fit l’expérience de l’Union mystique, et comprit qu’il n’y a qu’Une Source, la même pour tous les êtres vivants : DIEU ! Au-delà de toute croyance, de toute attachement à une forme religieuse, au-delà de tout ce qu’il avait découvert jusqu’alors ! Rien, selon son expérience d’Union mystique, ne peut exister hors l’Amour de Dieu ! Il nomma dès lors cela « La Religion de l’Amour » et toutes ses oeuvres traitent de ce thème !
La puissance alchimique de l’amour est un thème que nous retrouvons dans bien des poèmes. L’Amour spirituel peut tout transformer, tout sublimer, pour peu que l’amant ait la force de s’anéantir, de se vider de l’égo qui est le seul obstacle à l’union d’avec l’Aimé. [La Religion de l’Amour] 

Il est survenu l’Amour
Comme le sang, il coule dans mes veines,
Il m’a vidé de moi, il m’a rempli de l’Aimé.
L’Aimé a envahi chaque parcelle de mon être
De moi, ne reste qu’un nom
Tout le reste c’est Lui.

Sache avec certitude
Que les amants sont hors religion;
Dans la religion de l’amour
Ni fidèle, ni infidèle.
Dans l’amour il n’y a
Ni corps, ni raison, ni coeur, ni âme
Quiconque n’est pas comme ça
N’est pas comme ci !

Le véritable Aimé est unique et entier, Il est ton commencement et Il est ta fin. Une fois que tu L’as atteint, tu n’attends plus rien. (Mathnâwî III)

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La présence de Dieu

Parmi les quarante règles de la religion de l’Amour, Shams de Tabriz nous invite à revisiter nos croyances, notre engagement, à nous souvenir que c’est lorsque nous sommes en relation que nous pouvons le mieux nous connaître, nous découvrir, nous rencontrer et de ce fait, trouver la présence de Dieu en nous-même. Accepter le miroir que représente un partenaire, un ami sincère, un proche, pour éveiller notre conscience et cheminer vers Dieu est, il est vrai, bien souvent difficile mais ô combien important ! Ne peut se refléter dans un miroir que ce qui se présente devant lui …

L’esseulement, nous dit Shams de Tabriz, et la solitude sont deux choses différentes. Quand on est esseulé, il est facile de croire qu’on est sur la bonne voie. La solitude est meilleure pour nous, car elle signifie être seul sans se sentir esseulé. Mais en fin de compte, le mieux est de trouver une personne. La personne qui sera votre miroir. N’oubliez pas que ce n’est que dans le coeur d’une autre personne qu’on peut réellement se trouver et trouver la présence de Dieu en soi.

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Des larmes

Rûmî nous parle ici des larmes déversant l’Eau de la Vie, des larmes faisant naître le potentiel caché. Des larmes salvatrices des coeurs blessés, endoloris et engourdis par l’ignorance, la misère, l’errance… Nous sommes invités à la Célébration du Printemps de l’âme, au Réveil de l’Amour… O toi qui dort, éveille-toi ! Le printemps est de retour ! Ne crains pas la pluie des larmes !

Ode mystique No 30

O notre saison des pluies, déverse-toi sur nos amis
Comme les larmes de ceux qui souffrent à cause de nous, de la séparation d’avec ceux qui nous aiment.
O oeil des nuages ! Verse des larmes comme une aiguière,
Car tu envies nos amis au visage pareil à la lune.
Regarde ce nuage qui pleure ! Contemple ce jardin riant !
Nos malades sont sauvés par les pleurs du Ciel.
Le nuage lourd a donné droit à la vie à ceux qui sont assoiffés :
La grande coupe, elle aussi, donne le droit de boire à ceux qui ont le coeur léger.
Le ciel a répandu des perles sur la poussière de la plaine misérable,
C’est pour cela qu’elle supporte sa misère, par amour de ceux qui ravissent notre coeur.
Ce nuage est comme Jacob, cette fleur comme Joseph dans la prairie.
C’est à cause de nos yeux qui répandent des larmes que le visage de Joseph est épanoui !
Une de ces gouttes sera perle, une autre narcisse.
Les mains de ceux qui prennent notre main seront comblées.
Hier, le jardin et la roseraie ont jailli des bourgeons,
Car depuis l’aube ont bu ceux qui sont enivrés.
Clos tes lèvres comme une coquille. Tu es ivre ! Ne t’avance pas,
Afin que les âmes éveillées à l’invisible viennent de ce côté.

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