La soumission

Alors que bien des gens se rebellent contre l’idée de la soumission aujourd’hui, que les peuples revendiquent une liberté pour leur corps, leurs idées, leurs idéaux, Shams de Tabriz, au travers de cette Règle de l’Amour, nous invite à méditer sur le véritable sens de la soumission ! Puissent les coeurs s’ouvrir à la paix intérieure et les êtres s’abandonner à la soumission divine !

La soumission, nous dit Shams de Tabriz, ne signifie pas qu’on est faible ou passif. Elle ne conduit ni au fatalisme ni à la capitulation.
A l’inverse, le vrai pouvoir réside dans la soumission – un pouvoir qui vient de l’intérieur -.
Ceux qui se soumettent à l’essence divine de la vie vivront sans que leur tranquillité ou leur paix intérieure soit perturbée, même quand le vaste monde va de turbulences en turbulences !

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Le trésor de l’éternité

Cet ode mystique No 258 nous dit ô combien il est important de ne pas passer toutes nos nuits à dormir. Nous dit combien il est nécessaire de s’entretenir avec Dieu alors que tout est silence et tranquillité. Veiller est une nourriture pour l’âme, le collyre du mystère qui ouvre les yeux du coeur et de l’âme. Dieu nous appelle toute la nuit ! Comment l’entendrait-on si nous sommes plongés dans le sommeil profond ? Sommes-nous suffisamment assoiffé de Lui pour ne pas dormir ce soir ?

Si tu ne dors pas un soir, ô beauté pareille à la lune,
Le trésor de l’éternité apparaîtra à tes yeux.
C’est le soleil de l’invisible qui te réchauffera pendant cette nuit,
C’est le collyre du mystère qui t’ouvrira les yeux.
Ce soir, lutte contre toi-même, ne t’endors pas
Afin de découvrir les largesses que répand la joie.
C’est la nuit que toutes les beautés se dévoilent,
Celui qui dort n’entend pas les appels.
N’est-ce pas durant la nuit que Moïse, fils de Imrân, vit la lumière
Sur le buisson, lui faisant signe d’approcher ?
C’est pendant la nuit qu’il fit ce long chemin
Et qu’il aperçut un buisson noyé dans la lumière.
N’est-ce pas durant la nuit qu’Ahmad accomplit son Mi’râdj
Quand son coursier Borâq l’emporta vers le ciel ?
Le jour sert à gagner le pain quotidien, la nuit est pour l’amour.
Pour que les yeux jaloux ne te voient pas.
Tout le monde est endormi ; mais les amants
Pendant la nuit entière s’entretiennent avec Dieu.
Dieu plein de libéralité a dit à David :
« Celui qui prétend à notre amour
Et qui dort toute la nuit, ce n’est que mensonge ».
Comment le sommeil viendrait-il pour l’amoureux ?
Car l’amant recherche la solitude
Afin de raconter au Bien-Aimé les chagrins de son coeur.
Celui qui a soif ne dort que peu de temps :
Comment l’assoiffé aurait-il le sommeil lourd ?
Quand il dort, il voit en rêve l’eau vive,
Ou le bord du ruisseau, l’aiguière, le porteur d’eau.
Durant toute la nuit, Dieu nous appelle :
« Lève-toi, mets ce temps à profit, ô pauvre homme !
Sinon après la mort tu auras des regrets
Lorsque ton âme sera séparée de ton corps ».

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Un maître

Sur le chemin qui nous mène à Dieu, nous avons besoin d’un maître, d’un guide de confiance, tous. Comment le reconnaître et où le trouver ? Voici ce que nous dit Shams de Tabriz dans une des quarante règles de la religion de l’Amour :

« Il y a plus de faux gourous et de faux maîtres dans ce monde que d’étoiles dans l’univers. Ne confonds pas les gens animés par un désir de pouvoir et égocentristes avec de vrais mentors. Un maître spirituel authentique n’attirera pas l’attention sur lui ou sur elle, et n’attendra de toi ni obéissance absolue et admiration inconditionnelle, mais t’aidera à apprécier et à admirer ton moi intérieur. Les vrais mentors sont aussi transparents que le verre. Il laissent la lumière de Dieu les traverser. »

Et dans le Mathnâwî livre IV, nous pouvons lire :

« Prends garde ! Ne cours pas à la poursuite de l’âme charnelle […]
Si tu pars, pars à la poursuite de l’Anqâ du coeur, vers le mont Qâf et la mosquée lointaine du coeur.
A chaque instant une nouvelle plante, provenant de ta cogitation, pousse dans ta Mosquée lointaine.
Comme Salomon, rends-lui justice : étudie-la, ne la repousse pas du pied,
Parce que les diverses sortes de plantes indiquent l’état intérieur de cette terre ferme !
[…] Chaque sol est révélé par ses plantes.
C’est pourquoi le sol du coeur, dont la pensée est la plante – ces pensées révèlent les secrets du coeur.
[…] Ô Dieu qui connais les secrets et qui es bienveillant en paroles, ne nous dissimule pas les défauts de l’action mauvaise,
Et ne nous montre pas l’imperfection de l’action bonne, de peur que nous ne devenions découragés et loin de parcourir la Voie. »

Le premier Vrai Maître est en nous et c’est Lui qui nous guide, si nous l’écoutons, à la rencontre d’un maître authentique, qui saura nous accompagner et nous faire découvrir les Beautés intérieures, notre Véritable nature de perfection !

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La Religion de l’Amour

La vie de Rûmî bascula le 9 novembre 1244, jour où Shams de Tabriz fit irruption dans sa vie! Shams, ce derviche errant, à la recherche du réceptacle qui pourrait contenir, comprendre et diffuser la richesse du Savoir qu’il avait engrangé, le trouva en la personne de Rûmî ! De cette rencontre est issus la beauté de l’enseignement de Mawlânâ : la Religion de l’Amour !
Tout ce que Rûmî avait vécu avant, sa formation de théologien et de soufi, ses ascèses, ses expériences spirituelles avaient été, il le dira plus tard, une préparation à ce qu’il allait vivre avec Shams de Tabriz. Rûmî était un maître accompli, certes, pourtant il découvrit à travers l’enseignement de Shams de Tabriz, la vision de la théophanie !
En acceptant de voir sa vie basculer sens dessus-dessous, Rûmî, nous démontra ô combien il est important de faire confiance en la Sagesse de l’Aimé ! Il fit l’expérience de l’Union mystique, et comprit qu’il n’y a qu’Une Source, la même pour tous les êtres vivants : DIEU ! Au-delà de toute croyance, de toute attachement à une forme religieuse, au-delà de tout ce qu’il avait découvert jusqu’alors ! Rien, selon son expérience d’Union mystique, ne peut exister hors l’Amour de Dieu ! Il nomma dès lors cela « La Religion de l’Amour » et toutes ses oeuvres traitent de ce thème !
La puissance alchimique de l’amour est un thème que nous retrouvons dans bien des poèmes. L’Amour spirituel peut tout transformer, tout sublimer, pour peu que l’amant ait la force de s’anéantir, de se vider de l’égo qui est le seul obstacle à l’union d’avec l’Aimé. [La Religion de l’Amour] 

Il est survenu l’Amour
Comme le sang, il coule dans mes veines,
Il m’a vidé de moi, il m’a rempli de l’Aimé.
L’Aimé a envahi chaque parcelle de mon être
De moi, ne reste qu’un nom
Tout le reste c’est Lui.

Sache avec certitude
Que les amants sont hors religion;
Dans la religion de l’amour
Ni fidèle, ni infidèle.
Dans l’amour il n’y a
Ni corps, ni raison, ni coeur, ni âme
Quiconque n’est pas comme ça
N’est pas comme ci !

Le véritable Aimé est unique et entier, Il est ton commencement et Il est ta fin. Une fois que tu L’as atteint, tu n’attends plus rien. (Mathnâwî III)

Podcast et intermède musical: La Religion de l’Amour

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