Quand ton oeil s’ouvrira tu seras voyant

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Quand ton oeil s’ouvrira tu seras voyant

L’ode No 74 que nous livre Rûmî est une pure merveille ! Il nous invite au dépouillement, au renoncement des richesses matérielles pour vivre l’expérience des richesses mystiques !  Il nous livre un secret, pourtant déposé au coeur du coeur de chaque homme, et méconnu par le plus grand nombre ! Shams de Tabriz, s’adresse au bourgeon du coeur en ces termes : « Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».
Puisse le coeur de chacun entendre ce secret !

Si tu n’es pas chercheur, tu chercheras avec nous.
Si tu n’es pas ménestrel, tu chanteras avec nous.
Si tu es Qârûn, dans l’amour tu deviendras misérable.
Si tu es Seigneur, tu deviendras esclave.
Un seul flambeau de cette assemblée allume cent flambeaux.
Si tu es mort ou vivant, tu ressusciteras avec nous.
Tes pieds seront libérés d’entraves, tout brillera à tes yeux
Afin que tout ton être soit épanoui comme la rose, avec nous.
Revêts un instant de pauvres habits, pour voir les gens au coeur vivant :
Rejette la soie, et vêts-toi de bure, avec nous.
Quand la graine est semée, elle pousse et devient un arbre.
Si tu comprends ce secret, tu seras abaissé avec nous.
Shams-ul-Haqq de Tabriz dit au bourgeon du coeur :
« Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».

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L’appel au secours

Combien grande fut la tristesse de Rûmî lorsque son Maître, Shams de Tabriz, disparut. Toute l’oeuvre que nous connaissons aujourd’hui est un hommage rendu à celui qui éveilla son coeur, à celui qui fit rayonner la splendeur de la Lumière divine et le rendit ivre d’Amour ! Dans l’ode de ce jour, No 854, Rûmî adresse un appel au secours à l’âme. Cet appel nous concerne tous, où que nous soyons, qui que nous soyons sans exception ! Nous sommes ici invités à une épreuve de foi !

J’ai dit : « Ne fais pas ainsi, ô mon âme ! Ce n’est pas ainsi qu’il faut agir.
Le chagrin veut s’emparer de notre vie ». Il répondit : « Ce n’est pas vrai.
Comment le chagrin aurait-il l’audace de s’attaquer à toi ?
Je le consumerai comme des brindilles, s’il ne prend pas garde.
Le chagrin éprouvera de la frayeur et de la crainte ; il nous connait bien.
Je le réduirai en cendres, bien qu’il ne soit pas de feu.
Le chagrin connaît son adversaire, et connaît aussi sa propre limite :
A l’égard de ceux qui sont obéissants, il est humble comme la terre.
Puisque tu nous appartiens, si tu pénètres dans le poison,
Comment le poison aurait-il l’audace de ne pas devenir miel ? »
Au sein de la fumée et des flammes, Abraham est joyeux.
Dieu seul connaît celui qui est ou non loyal.
Celui qui est loyal est le compagnon de l’Invisible.
Comment chaque espèce ne serait-elle pas le compagnon de son espèce ?
O toi dont la main est lumineuse comme celle du prophète Moïse,
Je désire que la main de Moïse ne reste pas cachée dans sa manche,
Car la rose de la félicité ne fleurit pas loin de ton visage.
« C’est Toi seul que nous adorons », ô mon âme ! n’existe pas sans notre appel au secours.

Podcast et intermède musical: L’appel au secours

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O toi, Visage de l’Amour éternel

Cet Ode de Rûmî, est un appel, un rappel … un hommage rendu …
A travers les épreuves plus ou moins douloureuses de ce monde, il nous invite à retrouver le chemin de l’Union divine, à ne pas rester prisonnier des émotions, des désillusions, des tourments imposés dans ce monde-ci. Il nous rappelle que quelles que soient les expériences, l’âme, bien que prisonnière de ce corps, n’est pas séparée de la plénitude du TOUT.

O toi dont la chaleur cachée derrière les voiles est pour nous l’été !
O toi collyre de l’oeil de l’âme, où donc es-tu parti ? Reviens,
Afin que l’eau de la miséricorde jaillisse du sein des flammes,
Que la verdure surgisse des terres arides, que les tombes deviennent des jardins,
Afin que le raisin soit mûr et que notre pain soit cuit.
O Soleil de l’âme et du coeur ! O toi par qui le soleil est humilié !
Regarde enfin comment ont emprisonné notre âme cette eau et cette argile.
Maintes fois les épines sont devenues roseraies, par amour de ton visage,
Jusqu’à ce que cent mille aveux aient jailli de notre foi.
O toi, Visage de l’Amour éternel ! Tu es apparu dans la beauté d’un corps
Afin de guider l’âme, hors de cette prison, vers l’Unique …
Dans le sombre chagrin, fais apparaître la joie, de cette nuit profonde fais sortir le jour,
Un jour étrange, plein de merveilles, ô notre aurore qui répands la lumière !
D’une perle de pacotille tu fais une perle d’un pur orient, tu rends jalouse Zohra elle-même.
Tu transformes le pauvre hère en monarque. Longue vie à toi, ô notre sultan !
Où sont les yeux capables de te voir, afin de parvenir à ta poussière ?
Où est l’oreille intelligente capable d’entendre nos discours ?
Quand le coeur compte les bienfaits, rendant grâces de ces douceurs,
De chaque atome de notre corps, le désir s’écrie.
Le son du tambourin s’est élevé de l’âme, afin que les parcelles se joignent au tout,
Fleur à fleur, rose à rose, hors de notre prison d’épines.

Podcast et interméde musical: O toi, visage de l’amour éternel

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La parole de l’Unité

Une fois encore, Rûmî nous rappelle que tout est UN. Que rien n’est séparé de Lui, Dieu.
Que tout provient de Lui et que tout retournera à Lui, l’heure venue. Il nous rappelle que sous les traits de la multiplicité, se cache l’Unique ! Savons-nous seulement reconnaître la parole de l’Unité dans notre quotidien ? Dans ce qui nous semble être des expériences multiples et différentes ? Sommes-nous seulement conscients que le silence vaut mieux que de vaines paroles dépourvues d’Amour et responsables de tant de difficultés ?
Voici ce que nous dit l’ode No 639

Cet ami à la tunique rouge qui vint l’an dernier, éclatant comme la lune,
Cette année-ci est venu revêtu d’un froc gris.
Ce Turc que tu avais vu alors se livrer au pillage,
C’est le même qui est venu cette année, sous les traits d’un Arabe.
L’ami est le même, bien que son vêtement ait changé :
Il a ôté son autre vêtement, et puis il est revenu.
Ce vin est le même, bien que le flacon soit nouveau :
Vois comme il est venu apporter le plaisir à ceux qui sont ivres !
O hommes ! vous pensiez que ces flambeaux étaient morts :
Ce flambeau est sorti de la demeure du secret.
Ce que je dis, ce n’est pas la métempsychose, c’est la parole de l’Unité pure,
Venue du bouillonnement des vagues de l’océan profond.
Une goutte fut séparée de cet océan inséparable.
Car Adam fut créé d’argile de poterie.
Le Byzantin s’est caché le visage quand est venu le temps des Abyssins ;
Il est revenu aujourd’hui au sein de cette puissante armée.
Si le soleil se voile au crépuscule, il n’est pas anéanti.
Cette lune éclatante est apparue dans une des maisons du Zodiaque.
Renonce aux paroles, contemple le miroir de la réalité,
Car hésitations et difficultés proviennent des paroles.

Podcast : La parole de l’Unité

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