Les choses cachées

Je vous fais part aujourd’hui d’un extrait du chapitre 8 du Livre du Dedans dans lequel Rûmî nous parle de la nature première de l’homme et nous rappelle que l’âme montre les choses cachées, tout comme l’eau pure.

Si un disciple est élevé par un homme de Dieu, son âme devient pure. Et celui qui est éduqué par un charlatan et un hypocrite devient, comme son éducateur, petit, faible, impuissant et triste, incapable d’échapper à ses hésitations et inapte à aiguiser ses sens.
Dans la nature de l’homme, toutes  les sciences on été pétries, à l’origine, de sorte que son âme montre les choses cachées : comme l’eau pure qui révèle ce qui, au-dessous d’elle, couvre son lit… cailloux, tessons, etc… et ce qui, au-dessus, se reflète à sa surface. Dans l’essence de l’eau, cette nature n’est pas acquise ; elle est innée. Mais quand l’eau est mêlée à de la terre ou à d’autres couleurs, cette propriété lui est retirée. Dieu le Très Haut a envoyé les prophètes et les saints telle une eau abondante et pure qui clarifie toutes les petites eaux impures qui se jettent en elle. La petite eau, une fois purifiée, se rappelle avec certitude son originelle pureté que troublèrent les couleurs sombres par la suite ramassées. Elle se souvient de son état premier et dit : »C’était là notre nourriture autrefois ».

Rûmî à travers ce texte, nous interroge ainsi :
Et l’homme se souvient-il de sa nature profonde une fois qu’il a été purifié par la prière et le jeûne ?
Se souvient-il qu’au fond de son âme se trouvent les choses cachées de Dieu ?
Ose-t-il alors, les manifester dans son quotidien ?
Ose-t-il se nourrir de cette nourriture première ?

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Le corps et l’âme de la prière

La prière est un vaste thème sur lequel il est possible de se pencher quotidiennement! Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur le sens « Le corps et l’âme de la prière ».
Le corps et l’âme de la prière sont comparables au corps physique et à l’âme qui le porte. Le corps de la prière étant sa forme, sa récitation, les paroles et la gestuelle employées. Rûmî nous dit que: « tout ce qui a un commencement et une fin est comparable à un corps ». La prière en ce sens, est donc un corps, tandis que « l’âme de la prière est inconditionnée et infinie » nous dit aussi Rûmî, elle n’a ni commencement ni fin.
Le chapitre No3 du Livre du Dedans commence en ces mots: L’émir Pervâna dit: « Nuit et jour, mon coeur et mon âme sont à votre service, mais comme je suis occupé avec les affaires des Mongols, je ne suis pas en mesure de vous servir. »
L’âme de la prière est l’attitude intérieure, celle-là même qui fait que rien ne peut distraire le « priant ». La prière sans cette attention, sans cette attitude intérieure n’est rien, tandis que l’attitude de dévotion au divin, qui ne laisse aucune chance à la distraction, même sans forme est la véritable prière.
Autrement dit, l’émir Pervâna, bien que ne pouvant pas être physiquement au service du Maître, est, de par son attitude intérieure, intimement livré au service divin, donc du Maître!
Un corps peut-il vivre sans âme, sans le souffle divin? Non ! Alors que l’âme, même sans corps de matière, EST ! « L’âme de la prière prépare à l’absorption en Dieu et à la perte de conscience » est-il encore dit au chapitre 3 du Livre du Dedans.
Le corps et l’âme de la prière sont une invitation de chaque instant à l’éveil. Chacun pouvant s’interroger sur son attitude intérieure durant sa récitation de prière ou selon son investissement dans ses tâches de dévotion au divin ! Chacun pouvant s’interroger sur ce qui lui importe entre la forme et l’âme.

Shams de Tabriz l’a enseigné en ces mots: « Quand un soufi regarde quelqu’un, il ferme ses deux yeux et ouvre le troisième, celui qui voit le royaume intérieur. »

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