Laisse parler mon coeur

Dans cet ode mystique, Rûmî interroge Dieu, s’interroge, nous interroge, sur le sens de la Vie, le sens de la Présence de Dieu, le sens de notre présence en Dieu !
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Nous avons à travers cet ode, de quoi méditer et de quoi célébrer les Grâces de Dieu !

Qu’est-ce que mon coeur s’il ne T’appartient pas ?
Qu’est-ce que mon corps, s’il n’est pas anéanti par Toi ?
L’un est comme le firmament, l’autre comme la lune :
Que font-ils tous deux quand il n’y a pas de lumière ?
Dans le paradis même, au sein des délices,
Quelle torture s’il n’existe pas la vision !
Puisque c’est Toi qui excuses nos péchés et nos iniquités,
Que deviennent ces iniquités, sinon des actions pures ?
Puisque c’est Toi qui nous reproches nos fautes,
Que peuvent souhaiter d’autre le coeur et l’âme : ces fautes Te font T’adresser à nous.
Si j’enseigne le contenu de deux mille livres, ne serai-je pas las
Si je ne possède pas la pureté qui illumine le coeur ?
Aucun jasmin ne sourit, aucun arbre ne danse,
Aucune prairie n’exhale de parfum, si n’existe pas la brise.
Tu es dénudé par la pauvreté ?
La lune se soucie-t-elle de n’avoir pas de tunique ?
Quoi d’étonnant si l’ignorant est indifférent à l’amour ?
La souveraineté et la suzeraineté ne sont pas destinées à tous.
Dieu par miséricorde, appelle vers Lui tous les pécheurs
S’ils viennent avec repentir et de bonne foi.
Renonce à la vie, renonce à la lune du ciel :
Je jure par Dieu que rien n’est comme Dieu.
Que feras-tu d’une vie vouée à l’anéantissement ?
Que feras-tu d’un or qui ne t’appartiendra plus ?
Tout le jour tu dis : « Mon amie est pareille à une rose ».
Que feras-tu d’une rose qui n’a pas de lendemain ?
O mon âme ! Ne t’enfuis pas devant la peine qu’inflige le Bien-Aimé,
Car tu resterais sans maturité, si la douleur ne t’avait mûri.
Combien sont douces les nuits avec une beauté telle le disque de la lune.
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Combien est heureux le roi devenu Son esclave !
Combien est heureux un ami qui n’est pas séparé de Lui !
Garde le silence, ô mon corps ! Laisse parler mon coeur,
Car le récit du coeur est au-delà de l’individualité.

Ode mystique No 963

Podcast et intermède musical: Laisser parler mon coeur

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Le coeur

A travers cet Ode mystique, Rûmî nous invite à suivre la Voie au fond de notre coeur. La voix de Dieu résonnant des profondeurs de la Félicité ! Ecoute et suis le chemin que ton coeur parcourt.

J’ai crié : « Le coeur enivré, où s’en va-t-il  » ?
Le Roi des rois répondit : « Silence. Il vient vers nous » .
J’ai dit : « Tu es uni à moi. C’est en moi-même que tu parles.
Alors pourquoi mon coeur s’en va-t-il en vain » ?
Il dit : « Le coeur nous appartient. Il est notre Chevalier.
Il s’en va combattre toutes les fausses pensées.
Partout où il s’en va, la félicité l’accompagne.
Ne dis rien. Laisse-le s’en aller où il veut.
Parfois, pareil au soleil, il devient un trésor pour la terre.
Parfois, comme la prière du Prophète, il monte vers le ciel.
Parfois, il déverse le lait de la générosité par le sein du nuage.
Parfois, il se promène dans la roseraie de l’âme, tel la brise matinale.
Suis les traces du coeur, afin de découvrir ce qui est caché :
La verdure et la rose poussent, le fleuve de la fidélité coule ».
Celui qui octroie au monde la forme est pur et sans forme.
Celui qui créé toutes les apparences est lui-même sans apparence.
Il est la perfection des perfections., bien qu’il semble commettre des fautes ;
Il est la fidélité des fidélités, bien qu’il exerce une tyrannie.
Le coeur est comme une ouverture, la maison est illuminée par lui.
Le corps va vers l’anéantissement, le coeur va vers la pérennité.
Le coeur a causé des troubles, il a versé le sang des rois.
Il s’est mêlé à tout, bien qu’il soit séparé.
C’est lui qui a créé la magie divine apparente dans le coeur de chacun.
[…]
O mon coeur, c’est une sottise que de prendre garde à sa bourse :
La fortune s’est envolée, et la vie s’en va suivre le larron.
J’ai dit : « Tu es un magicien ». Il rit légèrement et dit :
« Comment la magie opèrerait-elle en présence de la mémoration de Dieu » ?
Je dis : « C’est vrai. Mais ta magie est le mystère de Dieu.
Ton heureuse magie accompagne l’ordre du destin.

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La patrie des âmes

Ode mystique 999

Merveilleux texte illustrant l’âme de l’Âme, l’Origine du monde, la Raison de l’espace.
Rûmî nous permet à travers cet Ode, de découvrir la Sagesse de l’Essence du miroir !

De la patrie des âmes sont venues les armées de l’Âme.
Les armées du visible et de l’invisible sont venues.
Le vêtement de ma patience est déchiré du haut en bas,
Car du chemin de l’âme sont arrivés ceux qui déchirent les vêtements.
Les beautés de l’âme ont mis leurs voiles
Et sont parties à la recherche du Roi du monde.
Tel un torrent impétueux, elles sont descendues d’au-delà de l’espace,
Et en dansant sont venues vers l’espace.
L’Image qui se trouve dans le coeur a détruit toutes les images.
Celles qui sont voilées sont venues conquérir le royaume.
Tout ce qui était visible est devenu invisible,
Tout ce qui était invisible est devenu visible
Tout ce qui possédait un signe est devenu dénué de signe,
Tout ce qui était sans signe est devenu pourvu de signe.

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Nourris ton coeur

L’Ode mystique 823, que j’ai choisi de vous partager aujourd’hui, est une invitation à nous interroger sur l’importance de la vie, du présent, du temps qui s’écoule et que nous gaspillons sans même nous en rendre compte ! Invitation à prendre conscience de l’importance de nourrir le coeur plutôt que de gaver l’égo … Invitation à prendre conscience que finalement, la mort se nourrit du corps alors que le coeur s’élève !

La vie s’écoule dans l’espoir pour demain,
D’une manière inconsciente, elle se hâte vers les troubles.
Ton propre temps, sache-le, c’est le présent ;
Considère-le : dans quelle folie il se passe !
La vie est gaspillée, tantôt pour la bourse, tantôt pour la coupe ;
A chacun de nos souffles, nous la perdons.
La mort emmène les êtres, un par un,
Et la crainte qu’elle inspire fait pâlir le sage.
La mort reste debout, dans le chemin, à l’affût,
Tandis que le seigneur sort se promener à la campagne.
La mort est plus proche de nous que notre conscience :
La conscience insouciante, dans quelles régions erre-t-elle ?
Ne nourris pas ton corps : le corps est une victime à immoler ;
Nourris ton coeur : le coeur s’élève vers les hauteurs.
Donne moins de mets choisis à cette charogne,
Car celui qui nourrit son corps se déshonore.
Donne à ton esprit des aliments délicieux, par la sagesse
Afin qu’il devienne fort, car c’est là-bas qu’il s’en va…

Podcast et intermède musical: Nourris ton coeur

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