Sa grâce

Le chapitre 12 du Livre du dedans nous enseigne, par différents exemples, que TOUT nous vient de Dieu et que si nous nous y soumettons, si nous obéissons aux ordres divins, bien des peines nous sont alors épargnées. En voici quelques extraits à méditer :

La raison dans le corps de l’homme, est semblable à un émir. Lorsque les sujets du corps lui obéissent, tout va bien, mais lorsqu’ils sont désobéissants, tout se corrompt. La raison s’occupe du bien-être quand on lui obéit. De même que la raison est l’émir dans le corps, les êtres humains, avec leur intelligence, leur science, leur raison et leur connaissance propres, par rapport au saint sont exactement comme les membres du corps : c’est lui (le saint) qui est la raison parmi eux. Si on lui obéit, il faut se conformer à tout ce qu’il recommande, sans se référer à sa propre raison, parce que les hommes peuvent ne pas comprendre par eux-mêmes les actes du saint.
Nous espérons que le Dieu Très Haut nous octroiera un état d’âme qui soit Sa grâce, parce que celle-ci est supérieure à cent mille efforts. Lorsque Sa grâce nous touche, elle remplace cent mille efforts et même davantage. L’effort est très utile, mais en comparaison de la grâce, qu’est-ce?
Tant que dans l’âme ne brille pas une lumière, jamais on n’arrivera à voir la lumière. Sans aptitude dans l’âme, rien n’est possible.
Ceci est comparable à prendre un miroir et de s’y regarder…. les mots ne pouvant expliquer ce phénomène !!!
Il est dit aussi : « à présent, nous combattons les armées des pensées, afin que les bonnes pensées détruisent les mauvaises et les expulsent du domaine du corps. Les pensées agissent sans l’intermédiaire du corps, de même l’Intelligence (de Dieu) fait tourner la roue du ciel sans avoir besoin d’instrument. »
Ne laissons pas nos « mauvaises pensées », notre attachement aux seules formes de ce monde-ci, nous égarer du chemin de Dieu. Recherchons, sans trêve, la Lumière au fond de l’âme !

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Utiliser le trésor


Une fois le trésor trouvé et mis au grand jour il ne convient plus de le garder pour soi! Mais de quel trésor parle-t-on exactement? Les textes sacrés nous disent: « J’étais un trésor caché et je tenais à être connu » Ce trésor n’est autre que la Lumière d’Amour de Dieu enfouie au plus profond de nos coeurs. Le Coran nous dit ceci dans la Sourate de la lumière au verset 35: « Dieu est la lumière des cieux et de la terre. Semblance de Sa lumière: une niche où brûle une lampe, la lampe dans un cristal; le cristal, on dirait une étoile de perle: elle tire son aliment d’un arbre de bénédiction, un olivier qui ne soit ni de l’est ni de l’ouest, dont l’huile éclaire presque sans que la touche le feu. Lumière sur lumière! Dieu guide à Sa lumière qui Il veut… »
Utiliser le trésor devient alors impératif! Il se doit d’être partagé, d’être utilisé pour le bien des plus proches bien sûr, mais pas uniquement! Il convient de le partager pour le plus grand  bénéfice de tous et pour le bénéfice de la Perfection du Tout! Utiliser le trésor revient alors à vivre essentiellement par l’Amour de Dieu, pour l’Amour de Dieu, dans l’Amour de Dieu!
Manifester Sa Grandeur au quotidien, dans chacun de nos actes, voilà ce que siginifie: Utiliser le trésor! Faire en sorte que tous nos actes soient empreints de l’Amour divin, manifester Sa Beauté à chaque instant, ne voir qu’Elle en chaque être manifesté, ne plus s’arrêter à l’apparent, aux défauts, aux manquements, aux jugements erronnés ou précipités, aux critiques…
Utiliser le trésor c’est célébrer la Vérité divine, rendre Grâce pour tous les bienfaits reçus, honorer la Vie pour sa valeur réelle!
Il ne convient pas de reconstruire une ruine une fois le trésor trouvé, non, il est primordial d’entrer dansla confiance la plus absolue, de s’abandonner au flot abondant de la Lumière d’Amour et de suivre ce qu’elle nous demande sans discussion, en toute soumission, en toute humilité.

Utiliser le trésor caché sorti des ruines c’est accepter de «  mourir avant de mourir » enseignement si cher à Rûmî!

Podcast: Utiliser le trésor

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Le trésor se trouve dans la ruine

Rûmî nous dit au chapitre 28 du Livre du Dedans :

Par la puissance des armes de lumière, la cité de l’existence serait détruite.
Quand un chameau entre dans une cabane, celle-ci est détruite; mais dans cette destruction, il y a mille trésors
.

Le trésor se trouve dans la ruine.

Qu’est-ce que cela signifie dans le sens profond, dans le bâtin ?
La puissance de la Lumière divine, Lumière d’Amour de Dieu, elle seule, est capable d’anéantir les édifices que nous avons érigés en nos coeurs, en nos corps pour nous protéger d’Elle (la Lumière) par peur de sa puissance. Quelle cité avons-nous construite? Une forteresse avec moult cachettes, méandres, remparts, tours de contrôle, et une garde super-entraînée et efficace qu’est notre mental gouvernant cette cité! Cité habitée par les peurs, les rigidités, les jugements, les intolérances, les critiques et les doutes, les colères et les irritabilités, l’avidité… Et que cachons-nous dans cette cité? Un trésor! et pas n’importe lequel, non! Le trésor le plus précieux! Le trésor d’Amour Divin.
Le Coran nous le dit en ces mots dans la sourate XVII au verset 100: « Et vous, si vous possédiez les trésors de miséricordes de mon Seigneurs, vous les retiendriez, par crainte d’en faire dépense » 
– Telle est l’avarice de l’humain…
Oui, seule la puissance des armes de Lumière peuvent anéantir nos peurs et tous nos efforts à combattre l’Amour. Elle agit comme un chameau qui entrerait dans une toute petite cabane, la détruisant sur son passage, découvrant ainsi, dans les ruines de ses murailles Le Trésor! C’est de cette destruction dont il est question.
Détruire tout ce qui fait obstacle à la libre circulation de la Lumière d’Amour de Dieu en nous! Rendre le trésor libre d’être utilisé. Manifester à chaque instant Sa richesse et Sa grandeur, Sa puissance et Son abondance!
Il est bien clair que cela ne se fera pas tout seul, nous devons y travailler, nous y engager, fournir des efforts persévérants pour nous soumettre à Dieu, à Sa Lumière.
La prière est et reste la première tâche, la méditation régulière et assidue en est une autre, le jeûne aussi, les retraites silencieuses d’autres encore et l’apprentissage des textes sacrés en font partie également. Ensuite, il y a tous les efforts que cela représente dans nos actions quotidiennes: la bienveillance, la joie à accomplir nos obligations, la tolérance et le respect des choix des autres et l’apprentissage à voir et regarder la Beauté divine en tout et en tous! Tout cela, pratiqué consciemment, aboutira à une abondance de Lumière et d’Amour en nos coeurs et la Paix, la Sérénité, la Sagesse nous serons alors accessibles.

Podcast: Le trésor se trouve dans la ruine

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L’amour qui naît de l’âme

Quelques extraits tirés du Rubâi’Yât, où avec finesse et délicatesse, Rûmî nous parle de « l’amour qui naît de l’âme » pour éveiller notre Esprit à la Présence divine et à la douceur de l’Amour.

Il ne reste rien qu’un étendard de mon armée de patience
De tout ce que j’avais, il ne reste qu’un chagrin
Le plus étrange, c’est que par coquetterie,
Il me donne encore un souffle, alors que je n’ai plus de souffle.

Pourquoi se contenter d’un sourire superficiel?
Il faut, comme les fleurs, sourire naturellement.
Il est une différence entre l’amour qui naît de l’âme
Et ce qu’avec des fils tu tisses autour de toi-même.

Je nie que dans le monde se trouve un bien-aimé plus aimable que toi
Il n’est pas d’action meilleure que de contempler ton visage
Dans les deux mondes, tu me suffis comme amour et ami
Là où se trouve un bien-ainé, brille ta lumière.

Dans mon amour pour toi, chaque ruse s’avère vaine
La séparation m’a fait verser le sang de mon coeur: il est perdu
A cette douleur qui vient de toi, je ne désire aucun remède
Qui peut le guérir? Ma douleur n’est rien.

L’intermède musical est tiré de l’album des Derviches de Turquie
Podcast: L’amour qui naît de l’âme

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Réalité

Rûmî à travers ces quatrains, nous rappelle que où que nous soyons, où que nous regardions, où que nous cherchions, il n’y a que Lui, l’Unique, le Bien-Aimé, la Réalité.

Au début, quand j’écoutais les histoires de l’amour
J’ai laissé mon âme, mon coeur, mes yeux, dans son chemin.
Je disais: « Peut-être que l’amoureux et le Bien-Aimé sont deux. »
Tous les deux n’étaient qu’un, c’est moi qui voyais double.

Avec la lumière de la vérité, que sont la certitude et le doute?
Avec la douceur de la vérité, qu’est-ce que l’amertume?
Le soleil se cache de honte devant Sa face
Ces lumières qui restent, que sont-elles?

Partout où je pose ma tête, c’est Lui qui est prosterné
Dans les six directions et en dehors d’elles, c’est Lui qui est prié
Le jardin et la fleur, le rossignol, le sama’ et la Bien-Aimée,
Toi seul est mon but, la seule Réalité.

Podcast: Réalité

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