Dieu ouvrira une nouvelle voie

Combien de fois, alors que tout semblait perdu, que nulle issue ne nous paraissait possible, que nous étions au plus bas de tout espoir, n’avons-nous pas pensé que nous étions tout simplement oublié de Dieu ?
Pourtant c’est bien dans les moments les plus difficiles, les plus éprouvants que nous faisons l’expérience de la Source miraculeuse en nous. C’est dans ces moments-là que nous sommes poussés à chercher, à nous rappeler que la Lumière brille au plus profond des ténèbres et que Dieu ouvrira une nouvelle voie !
Shams de Tabriz, dans les quarante Règles de la religion de l’Amour nous le rappelle en ces mots :

Quoi qu’il arrive dans ta vie, si troublant que tout te semble, n’entre pas dans les faubourgs du désespoir. Même quand toutes les portes restent fermées, Dieu t’ouvrira une nouvelle voie.
Sois reconnaissant ! Il est facile d’être reconnaissant quand tout va bien.
Un soufi est reconnaissant, non pas seulement pour ce qu’on lui a donné, mais aussi pour ce qu’on lui a refusé.

Si nous prenions le temps de nous rappeler, ne serait-ce qu’une situation, grâce à laquelle nous avons fait cette expérience, et que nous puissions reconnaître, honorer la voie nouvelle que Dieu à ouvert alors pour nous, naturellement un profond sentiment de gratitude et de reconnaissance va nous emplir et faire grandir le miracle de l’Amour de Dieu en nous, maintenant !
Que douces sont à nos coeurs, les apparentes épreuves de luttes contre l’égo lorsque nous les reconnaissons et les acceptons !
Que de Grâces reçues lorsque nous acceptons de suivre la nouvelle voie que Dieu nous ouvre et que nous renonçons à ce qui nous a été refusé !

Podcast et intermède musical: Dieu ouvrira une nouvelle voie

 

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Laisse parler mon coeur

Dans cet ode mystique, Rûmî interroge Dieu, s’interroge, nous interroge, sur le sens de la Vie, le sens de la Présence de Dieu, le sens de notre présence en Dieu !
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Nous avons à travers cet ode, de quoi méditer et de quoi célébrer les Grâces de Dieu !

Qu’est-ce que mon coeur s’il ne T’appartient pas ?
Qu’est-ce que mon corps, s’il n’est pas anéanti par Toi ?
L’un est comme le firmament, l’autre comme la lune :
Que font-ils tous deux quand il n’y a pas de lumière ?
Dans le paradis même, au sein des délices,
Quelle torture s’il n’existe pas la vision !
Puisque c’est Toi qui excuses nos péchés et nos iniquités,
Que deviennent ces iniquités, sinon des actions pures ?
Puisque c’est Toi qui nous reproches nos fautes,
Que peuvent souhaiter d’autre le coeur et l’âme : ces fautes Te font T’adresser à nous.
Si j’enseigne le contenu de deux mille livres, ne serai-je pas las
Si je ne possède pas la pureté qui illumine le coeur ?
Aucun jasmin ne sourit, aucun arbre ne danse,
Aucune prairie n’exhale de parfum, si n’existe pas la brise.
Tu es dénudé par la pauvreté ?
La lune se soucie-t-elle de n’avoir pas de tunique ?
Quoi d’étonnant si l’ignorant est indifférent à l’amour ?
La souveraineté et la suzeraineté ne sont pas destinées à tous.
Dieu par miséricorde, appelle vers Lui tous les pécheurs
S’ils viennent avec repentir et de bonne foi.
Renonce à la vie, renonce à la lune du ciel :
Je jure par Dieu que rien n’est comme Dieu.
Que feras-tu d’une vie vouée à l’anéantissement ?
Que feras-tu d’un or qui ne t’appartiendra plus ?
Tout le jour tu dis : « Mon amie est pareille à une rose ».
Que feras-tu d’une rose qui n’a pas de lendemain ?
O mon âme ! Ne t’enfuis pas devant la peine qu’inflige le Bien-Aimé,
Car tu resterais sans maturité, si la douleur ne t’avait mûri.
Combien sont douces les nuits avec une beauté telle le disque de la lune.
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Combien est heureux le roi devenu Son esclave !
Combien est heureux un ami qui n’est pas séparé de Lui !
Garde le silence, ô mon corps ! Laisse parler mon coeur,
Car le récit du coeur est au-delà de l’individualité.

Ode mystique No 963

Podcast et intermède musical: Laisser parler mon coeur

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Le fou de Dieu

Dans ces quelques Quatrains, Rûmî, nous interpelle sur notre capacité à rester hors Dieu.
Il nous invite, comme le fou de Dieu, à entrer dans Son royaume.
Aurons-nous assez de sagesse pour devenir un fou de Dieu ?
Aurons-nous assez de courage pour renoncer à la raison partielle ?

La richesse de la raison est le mystère de la folie
Le fou de la raison est l’homme de la sagesse
Qui obtient la connaissance du coeur dans le chemin de la douleur
Trouve en son propre être des milliers d’étrangers.

Je suis devenu fou : c’est une faute pour un fou de dormir
Comment le fou peut-il connaitre le moyen de dormir ?
Car Dieu ne dort pas, Il est loin du sommeil.
Le fou de Dieu, sache que c’est avec Dieu qu’il dort.

Enfuis-toi, raison, la sagesse n’est pas ici
Serais-tu un cheveu, il n’y aurait de place pour toi ici
Le jour s’est levé : dans le jour, chaque lampe allumée
A la lumière du soleil apparaît dérisoire.

Il n’est personne connaissant la sainteté royale
Qui sans coeur et sans raison n’aille dans ta maison.
Est bien fou celui qui a vu ton visage
Et qui demeuré loin de toi n’est pas devenu fou !

On dit : »La raison universelle possède beaucoup de science
C’est la raison universelle qui est l’essence de ce monde. »
Cette raison qui avait la raison, c’était la raison partielle
Quand la raison abandonne la raison, elle devient la raison universelle.

Podcast et intermède musical: Le fou de Dieu

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Le trésor de l’éternité

Cet ode mystique No 258 nous dit ô combien il est important de ne pas passer toutes nos nuits à dormir. Nous dit combien il est nécessaire de s’entretenir avec Dieu alors que tout est silence et tranquillité. Veiller est une nourriture pour l’âme, le collyre du mystère qui ouvre les yeux du coeur et de l’âme. Dieu nous appelle toute la nuit ! Comment l’entendrait-on si nous sommes plongés dans le sommeil profond ? Sommes-nous suffisamment assoiffé de Lui pour ne pas dormir ce soir ?

Si tu ne dors pas un soir, ô beauté pareille à la lune,
Le trésor de l’éternité apparaîtra à tes yeux.
C’est le soleil de l’invisible qui te réchauffera pendant cette nuit,
C’est le collyre du mystère qui t’ouvrira les yeux.
Ce soir, lutte contre toi-même, ne t’endors pas
Afin de découvrir les largesses que répand la joie.
C’est la nuit que toutes les beautés se dévoilent,
Celui qui dort n’entend pas les appels.
N’est-ce pas durant la nuit que Moïse, fils de Imrân, vit la lumière
Sur le buisson, lui faisant signe d’approcher ?
C’est pendant la nuit qu’il fit ce long chemin
Et qu’il aperçut un buisson noyé dans la lumière.
N’est-ce pas durant la nuit qu’Ahmad accomplit son Mi’râdj
Quand son coursier Borâq l’emporta vers le ciel ?
Le jour sert à gagner le pain quotidien, la nuit est pour l’amour.
Pour que les yeux jaloux ne te voient pas.
Tout le monde est endormi ; mais les amants
Pendant la nuit entière s’entretiennent avec Dieu.
Dieu plein de libéralité a dit à David :
« Celui qui prétend à notre amour
Et qui dort toute la nuit, ce n’est que mensonge ».
Comment le sommeil viendrait-il pour l’amoureux ?
Car l’amant recherche la solitude
Afin de raconter au Bien-Aimé les chagrins de son coeur.
Celui qui a soif ne dort que peu de temps :
Comment l’assoiffé aurait-il le sommeil lourd ?
Quand il dort, il voit en rêve l’eau vive,
Ou le bord du ruisseau, l’aiguière, le porteur d’eau.
Durant toute la nuit, Dieu nous appelle :
« Lève-toi, mets ce temps à profit, ô pauvre homme !
Sinon après la mort tu auras des regrets
Lorsque ton âme sera séparée de ton corps ».

Podcast et intermède musical: Le trésor de l’éternité
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