La mort

La mort est un vaste sujet, précieux au coeur de Rûmî. Mourir avant de mourir, tel est son enseignement, pour atteindre la Vie Eternelle, l’Union, l’Amour du Bien-Aimé.

« Efforcez-vous d’être conscients de la mort jusqu’à ce que vous sachiez ce qu’est la mort » disait-il.L’Ode Mystique No 652 ci-dessous, illustre magnifiquement cet enseignement.

L’homme forme des projets, mais il ignore le destin.
Les desseins de la créature ne ressemblent pas au décret de Dieu.
Quand l’homme fait des prévisions, elles semblent à sa portée ;
Il a beau s’ingénier, il est impuissant devant le pouvoir de Dieu.
Il fait deux pas en ligne droite devant lui,
Mais qui sait où Dieu va ensuite l’entraîner ?
Ne t’obstine pas, recherche le royaume de l’Amour,
Car ce royaume te fera échapper à l’ange de la mort.
Renonce à ton désir, choisis la lumière de l’intelligence,
Car ce désir t’amènera à une prompte déception.
Sois le gibier du roi : ne recherche toi-même aucun gibier,
Car le faucon de la mort t’enlèvera ton gibier.
Pareil au faucon du roi, va vers le tambourin qui t’appelle ;
Ce tambourin t’apportera la joie.
Nul n’est aujourd’hui plus sincère que le roi.
Va vers lui de toute ton âme, il ne te chassera pas.
Toutes les créatures sont prisonnière de la mort ; sache-le avec certitude.
Un prisonnier ne peut pas te faire échapper du fond de la prison.
Sais-tu pourquoi les chiens aboient dans le quartier de la résignation ?
C’est pour chasser celui qui est efféminé et vil.
Jamais un cavalier amoureux dans cette voie
N’aura le coeur effrayé par l’aboiement de ces chiens.

Podcast et intermède musical: La mort

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Les quatre oiseaux immatériels

Enseignement tiré du Mathnâwî livre V

Les quatre oiseaux qui barrent la voie sont en réalité quatre caractéristiques corporelles; les sacrifier permet à l’âme de s’élever.
Les quatre oiseaux immatériels qui barrent la Voie ont élu domicile dans le coeur des hommes. Il s’agit: du canard, du corbeau, du paon et du coq.
Ce sont des images de quatre mauvaises dispositions dans les âmes.
Le canard représente la cupidité, le coq la luxure, l’arrogance est semblable au paon et  le désir au corbeau.
L’objet du désir du corbeau est l’immortalité ou la longue vie.
Le canard est la cupidité, son bec est toujours sur le sol cherchant ce qui est enfoui dans ce qui est humide ou sec. Son gosier n’est jamais en repos pour un instant. Il n’écoute rien des ordres divins sauf celui de « mangez ».
C’est comme un pillard emportant à la hâte tout ce qu’il trouve, bon ou mauvais, entassant l’humide sur le sec de peur qu’un autre ennemi n’arrive et le prenne avant lui! Il n’a pas confiance en son Seigneur.
Le croyant ayant confiance en cette Vie divine se comporte tout différemment; il ne craint pas de manquer sa chance, ni d’être privé de son profit. Il a constaté la justice du roi, en conséquence il ne se hâte pas et reste calme. Il possède beaucoup de réflexion, de patience et de longanimité; il est content, désintéressé et son coeur est pur!
Pouvoir « couper le cou » de ces quatre oiseaux reviendrait à purifier son caractère, à polir son coeur des scories jusqu’à le rendre lisse comme un miroir. Ca reviendrait à mourir à l’égo, à leurs tentations et provocations à l’égarement; et « s’approprier leurs pattes », signifie utiliser la force sous-jacente pour rejoindre la Vie divine. Pour marcher sur la Voie de Dieu, s’élever et ainsi s’approcher du but.

L’intermède musical est tiré de l’album : Sufi Music of turkey de Kudsi Erguner  Podcast: Les quatre oiseaux

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