Pourquoi éviter la source de la vie

Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander  pourquoi tant d’efforts sont déployés, quotidiennement, pour tenter d’éviter la source de la vie ?
Rûmî n’a de cesse de nous interroger sur les sujets essentiels de la vie, ces sujets qui nous permettent de grandir, d’épanouir nos coeurs et d’étancher la soif…

Ode No 141

Tous tes amis sont la pierre, et tu es le corail. Pourquoi ?
Le ciel, avec tous les êtres est comme le corps, avec toi il est comme l’âme. Pourquoi ?
Quand tu viens, chacun des atomes de mon êtres applaudit ;
Quand tu t’en vas, tous se mettent à gémir. Pourquoi ?
Devant ton image, tous mes atomes deviennent souriants,
En présence de ton ennemi, chacune de mes fibres devient agressive. Pourquoi ?
Sans tes traits, sans tes grains de beauté, tels des points sur ton visage, cette intelligence serait illettrée.
Quant elle aperçoit ces traits, elle devient lettrée, pourquoi ?
Le corps dit à l’âme qu’il faut s’abstenir de son amour,
L’âme lui répond : « Pourquoi éviter la source de la vie, pourquoi ? »
Ton visage est le messager de la beauté et de la splendeur divines,
Et l’âme ne mettrait pas en toi sa foi, en dépit d’une telle preuve ? Pourquoi ?
Où donc trouver une preuve plus claire que ton visage?
Les impies ne coupent-ils pas leurs mains devant Joseph de Canaan ? Pourquoi ?
Là où tu sèmes une graine, là elle germera, un jour.
De la riche semence de la bonté, rien ne pousserait-il donc ? Pourquoi ?
Là où se trouve une ruine, il y a l’espoir d’un trésor ;
Ne cherches-tu pas le trésor de Dieu dans un coeur en ruines ? Pourquoi ?
Je n’ai vu dans le monde, aucun bazar dépourvu de balances :
Tout est pesé sur la balance, et le monde serait sans balance ? Pourquoi ?
Admettons que ces âniers portent des charges de fumier :
Les cavaliers resteront-ils, eux, inactifs dans ce champs ? Pourquoi ?
Chaque mélodie a un début et une fin.
Cesse enfin de parler : cette mélodie n’aurait-elle pas une fin ? Pourquoi ?

Podcast et intermède musical: Pourquoi éviter la source de la vie

Haut de page

Le coeur

A travers cet Ode mystique, Rûmî nous invite à suivre la Voie au fond de notre coeur. La voix de Dieu résonnant des profondeurs de la Félicité ! Ecoute et suis le chemin que ton coeur parcourt.

J’ai crié : « Le coeur enivré, où s’en va-t-il  » ?
Le Roi des rois répondit : « Silence. Il vient vers nous » .
J’ai dit : « Tu es uni à moi. C’est en moi-même que tu parles.
Alors pourquoi mon coeur s’en va-t-il en vain » ?
Il dit : « Le coeur nous appartient. Il est notre Chevalier.
Il s’en va combattre toutes les fausses pensées.
Partout où il s’en va, la félicité l’accompagne.
Ne dis rien. Laisse-le s’en aller où il veut.
Parfois, pareil au soleil, il devient un trésor pour la terre.
Parfois, comme la prière du Prophète, il monte vers le ciel.
Parfois, il déverse le lait de la générosité par le sein du nuage.
Parfois, il se promène dans la roseraie de l’âme, tel la brise matinale.
Suis les traces du coeur, afin de découvrir ce qui est caché :
La verdure et la rose poussent, le fleuve de la fidélité coule ».
Celui qui octroie au monde la forme est pur et sans forme.
Celui qui créé toutes les apparences est lui-même sans apparence.
Il est la perfection des perfections., bien qu’il semble commettre des fautes ;
Il est la fidélité des fidélités, bien qu’il exerce une tyrannie.
Le coeur est comme une ouverture, la maison est illuminée par lui.
Le corps va vers l’anéantissement, le coeur va vers la pérennité.
Le coeur a causé des troubles, il a versé le sang des rois.
Il s’est mêlé à tout, bien qu’il soit séparé.
C’est lui qui a créé la magie divine apparente dans le coeur de chacun.
[…]
O mon coeur, c’est une sottise que de prendre garde à sa bourse :
La fortune s’est envolée, et la vie s’en va suivre le larron.
J’ai dit : « Tu es un magicien ». Il rit légèrement et dit :
« Comment la magie opèrerait-elle en présence de la mémoration de Dieu » ?
Je dis : « C’est vrai. Mais ta magie est le mystère de Dieu.
Ton heureuse magie accompagne l’ordre du destin.

Podcast et intermède musical: Le coeur

Haut de page

O Dieu !

Rûmî n’a de cesse, à travers ses Quatrains, de louer la Grandeur de Dieu, de raviver Sa Lumière en nos coeurs.
Partons à la recherche de Sa Lumière et ouvrons portes et fenêtres dans nos coeurs, pour illuminer les ténèbres de l’ignorance et célébrer Sa Venue !

O Toi qui es l’émir de toutes les beautés du monde, ô Dieu !
O Toi qui es le repos et la paix de l’âme, ô Dieu !
O Toi ! Chaque matin devant ton Visage
Le soleil du monde dit : « O mon Dieu ! »

O Toi ! L’Eau de la vie est une goutte de l’eau de ton visage,
O Toi ! La lune du firmament est un vestige de l’éclat de ton visage.
Je me disais : « A la longue nuit, je demande le clair de lune
Cette nuit est la nuit de tes tresses, et le clair de lune est ton visage. »

On dit : « Dans les six directions est la Lumière de Dieu. »
Un cri s’élève du monde : « Cette Lumière, où est-elle ? »
L’étranger regarde dans toutes les directions
Dites-lui : « Regarde un instant sans direction. »

Mon Bien-Aimé est caché à tout le monde, sache-le !
Il est hors de l’image de chaque imagination, sache-le !
Dans mon coeur, il se manifeste pareil à la lune
Il est mêlé à mon corps comme l’âme, sache-le !

Ne laisse pas un instant notre oreille sans mystère
Ne laisse pas nos yeux sans le visage du Bien-Aimé
Ne laisse pas notre main sans une coupe de vin ;
Ne nous laisse pas un instant, ô Bien-Aimé, sans toi !

Podcast et intermède musical: O Dieu

CD disponible sur Amazon

Haut de page