L’océan de Dieu

Au travers de cet ode mystique, une fois de plus Rûmî nous invite à sortir de notre léthargie et à nous souvenir de l’océan de Dieu, cet océan d’Amour pur et de trésor enfoui !

Ode No 648

O vous qui êtes allés en pèlerinage à la Mecque, où donc êtes-vous ?
Venez, venez : c’est ici que se trouve le Bien-Aimé.
Ton Bien-Aimé est ton voisin le plus proche, seul un mur vous sépare :
Quelle idée avez-vous d’errer dans le désert ?
Si vous voyez la forme sans forme du Bien-Aimé,
Vous êtes à la fois le Seigneur, la Maison et la Ka’ba.
Dix fois par ce chemin vous êtes entrés dans cette maison :
Une seule fois sortez de cette maison, montez sur la terrasse.
La maison de Dieu est belle, vous l’avez décrite dans tous ses détails.
Montrez-nous donc un signe du Seigneur de cette maison.
Où est le bouquet que vous avez cueilli, si vous avez visité ce jardin ?
OÙ est la perle de l’âme, si vous sortez de l’océan de Dieu ?
Puissent tant de peines subies être transformées en trésor !
Hélas ! c’est vous-mêmes qui cachez votre propre trésor.

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Il n’y a que Lui

Quelques quatrains de Rûmî qui nous parlent de l’Amour et de la Beauté, qui nous disent encore et toujours qu’il n’y a que Lui, le Bien-Aimé; Lui, le Tout Pardonnant; Lui, le Clément, le Généreux, le Bienveillant : Dieu.

Crois-moi, l’amour est une action noble
S’il y a un défaut, c’est que la nature de l’esprit est mauvaise.
Tu donnes le nom d’amour à la sensualité ;
Il y a bien du chemin entre la sensualité et l’amour !

Ne considère pas cet homme qui a maintes connaissances
Considère sa fidélité, comment sont sa fidélité et sa soumission ?
S’il peut être fidèle à son engagement
L’homme vaut mieux que tous les attributs que tu peux lui conférer.

Je suis la montagne : mon écho est la voix du Bien-Aimé
Je suis une peinture : mon peintre est mon Bien-Aimé.
Je suis comme une serrure dont le bruit vient de la clé :
Tu crois que c’est ma parole quand une parole est prononcée.

Dans mon coeur, et en dehors de mon coeur, il n’y a que Lui
Dans mon corps, la vie, la veine et le sang ne sont que Lui.
Comment seraient ici possibles l’incroyance et la foi ?
Nul doute n’est dans mon être, puisque tout est Lui.

Dieu nous préserve que le coeur de l’amoureux soit affligé
Ou que sauf par l’amour, sa robe soit déchirée.
Dieu nous préserve qu’un amoureux s’endorme dans la poussière ;
Pur, où irait-il ? Sinon dans ce monde pur ?

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Laisse parler mon coeur

Dans cet ode mystique, Rûmî interroge Dieu, s’interroge, nous interroge, sur le sens de la Vie, le sens de la Présence de Dieu, le sens de notre présence en Dieu !
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Nous avons à travers cet ode, de quoi méditer et de quoi célébrer les Grâces de Dieu !

Qu’est-ce que mon coeur s’il ne T’appartient pas ?
Qu’est-ce que mon corps, s’il n’est pas anéanti par Toi ?
L’un est comme le firmament, l’autre comme la lune :
Que font-ils tous deux quand il n’y a pas de lumière ?
Dans le paradis même, au sein des délices,
Quelle torture s’il n’existe pas la vision !
Puisque c’est Toi qui excuses nos péchés et nos iniquités,
Que deviennent ces iniquités, sinon des actions pures ?
Puisque c’est Toi qui nous reproches nos fautes,
Que peuvent souhaiter d’autre le coeur et l’âme : ces fautes Te font T’adresser à nous.
Si j’enseigne le contenu de deux mille livres, ne serai-je pas las
Si je ne possède pas la pureté qui illumine le coeur ?
Aucun jasmin ne sourit, aucun arbre ne danse,
Aucune prairie n’exhale de parfum, si n’existe pas la brise.
Tu es dénudé par la pauvreté ?
La lune se soucie-t-elle de n’avoir pas de tunique ?
Quoi d’étonnant si l’ignorant est indifférent à l’amour ?
La souveraineté et la suzeraineté ne sont pas destinées à tous.
Dieu par miséricorde, appelle vers Lui tous les pécheurs
S’ils viennent avec repentir et de bonne foi.
Renonce à la vie, renonce à la lune du ciel :
Je jure par Dieu que rien n’est comme Dieu.
Que feras-tu d’une vie vouée à l’anéantissement ?
Que feras-tu d’un or qui ne t’appartiendra plus ?
Tout le jour tu dis : « Mon amie est pareille à une rose ».
Que feras-tu d’une rose qui n’a pas de lendemain ?
O mon âme ! Ne t’enfuis pas devant la peine qu’inflige le Bien-Aimé,
Car tu resterais sans maturité, si la douleur ne t’avait mûri.
Combien sont douces les nuits avec une beauté telle le disque de la lune.
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Combien est heureux le roi devenu Son esclave !
Combien est heureux un ami qui n’est pas séparé de Lui !
Garde le silence, ô mon corps ! Laisse parler mon coeur,
Car le récit du coeur est au-delà de l’individualité.

Ode mystique No 963

Podcast et intermède musical: Laisser parler mon coeur

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Le trésor de l’éternité

Cet ode mystique No 258 nous dit ô combien il est important de ne pas passer toutes nos nuits à dormir. Nous dit combien il est nécessaire de s’entretenir avec Dieu alors que tout est silence et tranquillité. Veiller est une nourriture pour l’âme, le collyre du mystère qui ouvre les yeux du coeur et de l’âme. Dieu nous appelle toute la nuit ! Comment l’entendrait-on si nous sommes plongés dans le sommeil profond ? Sommes-nous suffisamment assoiffé de Lui pour ne pas dormir ce soir ?

Si tu ne dors pas un soir, ô beauté pareille à la lune,
Le trésor de l’éternité apparaîtra à tes yeux.
C’est le soleil de l’invisible qui te réchauffera pendant cette nuit,
C’est le collyre du mystère qui t’ouvrira les yeux.
Ce soir, lutte contre toi-même, ne t’endors pas
Afin de découvrir les largesses que répand la joie.
C’est la nuit que toutes les beautés se dévoilent,
Celui qui dort n’entend pas les appels.
N’est-ce pas durant la nuit que Moïse, fils de Imrân, vit la lumière
Sur le buisson, lui faisant signe d’approcher ?
C’est pendant la nuit qu’il fit ce long chemin
Et qu’il aperçut un buisson noyé dans la lumière.
N’est-ce pas durant la nuit qu’Ahmad accomplit son Mi’râdj
Quand son coursier Borâq l’emporta vers le ciel ?
Le jour sert à gagner le pain quotidien, la nuit est pour l’amour.
Pour que les yeux jaloux ne te voient pas.
Tout le monde est endormi ; mais les amants
Pendant la nuit entière s’entretiennent avec Dieu.
Dieu plein de libéralité a dit à David :
« Celui qui prétend à notre amour
Et qui dort toute la nuit, ce n’est que mensonge ».
Comment le sommeil viendrait-il pour l’amoureux ?
Car l’amant recherche la solitude
Afin de raconter au Bien-Aimé les chagrins de son coeur.
Celui qui a soif ne dort que peu de temps :
Comment l’assoiffé aurait-il le sommeil lourd ?
Quand il dort, il voit en rêve l’eau vive,
Ou le bord du ruisseau, l’aiguière, le porteur d’eau.
Durant toute la nuit, Dieu nous appelle :
« Lève-toi, mets ce temps à profit, ô pauvre homme !
Sinon après la mort tu auras des regrets
Lorsque ton âme sera séparée de ton corps ».

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O Dieu !

Rûmî n’a de cesse, à travers ses Quatrains, de louer la Grandeur de Dieu, de raviver Sa Lumière en nos coeurs.
Partons à la recherche de Sa Lumière et ouvrons portes et fenêtres dans nos coeurs, pour illuminer les ténèbres de l’ignorance et célébrer Sa Venue !

O Toi qui es l’émir de toutes les beautés du monde, ô Dieu !
O Toi qui es le repos et la paix de l’âme, ô Dieu !
O Toi ! Chaque matin devant ton Visage
Le soleil du monde dit : « O mon Dieu ! »

O Toi ! L’Eau de la vie est une goutte de l’eau de ton visage,
O Toi ! La lune du firmament est un vestige de l’éclat de ton visage.
Je me disais : « A la longue nuit, je demande le clair de lune
Cette nuit est la nuit de tes tresses, et le clair de lune est ton visage. »

On dit : « Dans les six directions est la Lumière de Dieu. »
Un cri s’élève du monde : « Cette Lumière, où est-elle ? »
L’étranger regarde dans toutes les directions
Dites-lui : « Regarde un instant sans direction. »

Mon Bien-Aimé est caché à tout le monde, sache-le !
Il est hors de l’image de chaque imagination, sache-le !
Dans mon coeur, il se manifeste pareil à la lune
Il est mêlé à mon corps comme l’âme, sache-le !

Ne laisse pas un instant notre oreille sans mystère
Ne laisse pas nos yeux sans le visage du Bien-Aimé
Ne laisse pas notre main sans une coupe de vin ;
Ne nous laisse pas un instant, ô Bien-Aimé, sans toi !

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