Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir

 

Dans l’ode No 99 Rûmî implore le Bien-Aimé, Lui, le créateur de toute chose, de toute vie, en tout lieu, de poser son regard bienveillant sur les créatures.
La douleur de la séparation après la mort de Shams de Tabriz, fut telle, qu’il s’est laissé consumé par l’Amour infini du Bien-Aimé.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir implore-t-il, sors de ta cachette.
Cet ode, tout entier, est une louange à l’Amour infini de Dieu en toute circonstance.
A chacun de le vivre au plus profond de son âme ! A chacun de célébrer la beauté de Son Amour en tout geste, en toute parole, en tout lieu, en toute vérité et en toute simplicité !

Le bien-aimé s’est caché à cause des querelles :
Tous sont partis, tout est désert. Sors de ta cachette.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir,
Donne la joie à mon visage pâli par le souci.
J’ai transformé mon être en océan de larmes :
Pourquoi ne viens-tu pas contempler l’océan ?
Puisque tu as vu dans le miroir ton propre visage,
Où trouver une vision plus noble que celle-là?
Je me trompe : le miroir ne te contient pas,
Par ta lumière, toutes choses s’anéantissent.
Ce miroir n’a plus besoin de subir de polissage :
C’est par ton visage qu’il devient limpide et pur.
Tu es caché comme l’intelligence, et tout vient de toi,
Les ruines comme les édifices, et cela en tout lieu.
Quiconque demeure dans ta proximité,
Devant lui s’abaisse la terrasse des Pléiades.
Quel est l’état du corps, quand il est séparé de l’âme ?
Quelle excuse aurait celui qui devant toi peut rester indifférent ?
Quel secours trouverait-il chez ses amis intimes
Celui qui est resté esseulé loin de l’âme pleine de douceur ?
Tu es plus suave que le matin, pour les créatures, chaque jour.
Tu es plus délicieux que le sommeil pour ceux qui sont las, le soir.
Je t’ai vu dans mon âme, et je me suis senti délivré.
Je ne parle pas, comme les égarés, des raisons contingentes.
Puisque tu as mis le feu de l’amour dans l’univers,
Le monde est devenu tout rempli de suavité.
La lune et le soleil tirent de toi leur beauté,
L’étoile polaire et les Gémeaux tirent de toi leur être.
Si la nuit est devenue la guérison et le repos des créatures,
C’est parce que ton amour lui a donné cette quiétude des ténèbres.
Les créatures sont pareilles au phalène, le jour est comme la chandelle :
Tu l’as rendu beau par ta propre beauté.
Pour chaque phalène qui a vu ta flamme,
La nuit est devenue plus éclatante que l’aurore.
Il vole autour de la flamme de ta beauté
Jour et nuit, et n’éprouve nulle crainte.

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Cherche l’âme

Nouveau poème tiré des Odes mystiques de Rûmî, qui nous parle aujourd’hui de la Beauté intérieure, de l’âme, de l’éclat de la Lumière de Dieu ! Poème qui nous invite à nous interroger sur l’importance du discernement, sur le Véritable sens de la Vie. Que chercher et où Le chercher ? Le Bien-Aimé est la réponse à toutes nos interrogations et c’est dans les livres saints que nous pouvons déchiffrer les mystères des signes !
Voici ce que nous dit l’ode No 298.

Hélas pour ces gens qui semblent beaux parce qu’ils masquent leur laideur !
Extérieurement, ils ont l’éclat de la lune, intérieurement celui de la paille.
Ils dissimulent leurs griffes d’Antéchrist et montrent l’apparence des saints.
Le piège des voleurs est en eux, et les signes des rois dans leurs discours.
Ne sois pas amoureux du voile, ne fais pas patauger ton âne dans l’eau et la boue
Afin de ne pas rester comme lui immobilisé par la fange.
Si tu jettes au chien un morceau de pain, il le flaire avant de le manger;
Tu n’es pas un chien, tu es un lion; pourquoi tant d’avidité pour le pain ?
Dans chaque charogne, tu trouves un peu d’éclat, tu dis : « Mon âme » !
Quelle relation entre l’âme et l’éclat ? Cherche l’âme, trouve l’âme.
Tu es la demande et le désir ; le Bien-Aimé est la réponse à chaque demande.
Quand arrive la réponse, la demande s’anéantit dans la réponse.
C’est par sa parole que tu es venu à l’existence, comme le vin provient de l’eau.
Par son vin, tu as été anéanti comme l’eau dans le vin.
Lui, par sa grâce, a dressé la tête comme les flammes qui montent ;
Toi, par honte, tu as baissé la tête comme la faute devant la droiture.
Si l’automne pillard a dépouillé de ses feuilles le jardin,
La justice du printemps-roi ouvre toutes les portes.
Les feuilles, telles des missives, portent des signes verts :
Cherche le commentaire de ces signes dans « La Mère du Livre ».

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Mokhtabad

 

 

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Apprends la patience

L’ode mystique No 34 est un ode à l’amour, à la joie, à la beauté… Rûmî, à travers ces quelques vers, nous invite une nouvelle fois à vivre et célébrer, le coeur joyeux et léger, l’amour divin ! N’est-ce pas la patience qui, bien souvent, dans notre quotidien, nous fait le plus défaut ?
Où mieux qu’en Dieu, pourrions-nous apprendre la patience ? N’est-il pas, Lui, le plus patient avec nous ?
N’est-il pas, Lui, la Source de TOUT ?

O amoureux, ô amoureux ! Le temps de l’union et de la vision est arrivé !
Du ciel est venue une voix : « O beautés pareilles à la lune, salut à vous !
O coeurs joyeux, ô coeurs joyeux ! Voici que s’est avancée la joie en traînant sa robe :
Nous avons pris pour chaîne ses cheveux, elle a saisi le pan de notre vêtement.
Le vin embrasé est versé, va-t-en bien loin, démon du chagrin.
O âme qui craint la mort, éloigne-toi. Viens échanson éternel !
Toi par qui les sept cieux sont ivres ! Nous sommes comme une bille dans ta main.
O toi de qui notre existence dépend, salut à toi.
O ménestrel à la suave haleine, à chaque instant agite ta clochette.
O joie, selle ton coursier ! O brise du matin souffle sur nos vies !
O son de la flûte aux belles histoires, dans ton chant il y a la douceur du sucre.
Jour et nuit de tes chants vient à moi le parfum de l’amour.
Recommence à jouer, accorde de nouveau ton instrument.
Sois plus fier que les autres beautés, ô soleil au radieux visage.
Silence ! Ne déchire pas le voile ; vide la coupe des Silencieux.
Sois discret, sois discret ! » Et de Dieu apprends la patience.

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Le Visage

Quatrains tirés du Rubâi’yât pour nous interpeler sur le sens de la Beauté et du Bien-Aimé.

Il se peut qu’un autre visage soit plus beau que celui-ci
S’il en est de plus beaux, qu’importe! ce n’est pas mon bien-aimé.
Renonce à tous les visages dans ton coeur
Jusqu’à ce que vienne à toi le Visage sans visage.

Celui qui t’a aperçue, ô beauté ravissante,
Comment regarderait-il le visage d’un autre Bien-Aimé?
Aux yeux de quiconque t’a jeté un regard
Je jure par Dieu que le soleil et la lune paraissent sombres.

Hier, mon Bien-Aimé était comme la lune du firmament
Non, non, il était plus beau que le soleil
Il était au-delà de notre imagination
Je sais qu’il était beau, mais je ne sais pas comment.

Podcast: le Visage

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