Quand ton oeil s’ouvrira tu seras voyant

L’ode No 74 que nous livre Rûmî est une pure merveille ! Il nous invite au dépouillement, au renoncement des richesses matérielles pour vivre l’expérience des richesses mystiques !  Il nous livre un secret, pourtant déposé au coeur du coeur de chaque homme, et méconnu par le plus grand nombre ! Shams de Tabriz, s’adresse au bourgeon du coeur en ces termes : « Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».
Puisse le coeur de chacun entendre ce secret !

Si tu n’es pas chercheur, tu chercheras avec nous.
Si tu n’es pas ménestrel, tu chanteras avec nous.
Si tu es Qârûn, dans l’amour tu deviendras misérable.
Si tu es Seigneur, tu deviendras esclave.
Un seul flambeau de cette assemblée allume cent flambeaux.
Si tu es mort ou vivant, tu ressusciteras avec nous.
Tes pieds seront libérés d’entraves, tout brillera à tes yeux
Afin que tout ton être soit épanoui comme la rose, avec nous.
Revêts un instant de pauvres habits, pour voir les gens au coeur vivant :
Rejette la soie, et vêts-toi de bure, avec nous.
Quand la graine est semée, elle pousse et devient un arbre.
Si tu comprends ce secret, tu seras abaissé avec nous.
Shams-ul-Haqq de Tabriz dit au bourgeon du coeur :
« Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».

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L’éloquence silencieuse

  1. shemsi Husser 2:04

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L’éloquence silencieuse

Dans l’ode No 685, Rûmî nous parle de l’éloquence silencieuse, ce dialogue de coeur à coeur, sans artifice. Cet ode nous invite à porter notre attention sur les aspects sacrés, purs de la vie. Il nous enjoint à développer ce langage du coeur et laisser l’amour-propre de côté. Voici ce qu’il nous livre aujourd’hui :

Mon coeur se lamente avec le coeur de l’Ami :
Telle est l’éloquence silencieuse.
Je parle sans remuer les lèvres,
Puisque les jaloux prêtent l’oreille.
Je sais que la langue et l’oreille sont tous deux indiscrets ;
Je parle avec mon coeur, car le coeur est loyal.
Cent flammes de feu brillent dans les yeux,
Elles viennent du point le plus subtil du coeur, qui est le feu.
Le plus étrange est que, dans ce coeur enflammé,
Se trouvent tant de roses, de verdure, de jasmins.
Par ce feu, le jardin devient plus frais encore
De telle sorte que l’eau est unie à la flamme.
O mon âme, tu demeures dans la prairie,
Là, le coeur et l’intelligence glanent les épis.
Là où l’impiété et la foi n’ont pas de place,
Que viendrait faire l’amour-propre de tel ou tel ?

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Le moment de l’union

Dans cet ode No 207, Rûmî nous rappelle combien est important le moment de l’union au Bien-Aimé. Par différents exemples il nous invite à entrer dans la compréhension profonde de « Lui », le Bien-Aimé. Il nous invite à vivre humblement l’état d’union avec Lui, à nous détacher des désirs de ce monde éphémère à accueillir simplement l’instant présent hors du temps ! Que de délice pour l’âme le moment de l’union !

O Toi réconfort de mon âme au temps de la douleur,
O Toi, trésor de mon esprit dans l’amertume du besoin !
Ce que l’imagination n’a pas conçu, ce que la raison et l’entendement n’ont pas perçus
Sont venus de Toi à mon âme, c’est pourquoi je me tourne vers Toi, T’adorant.
Par ta grâce, je garde mon regard amoureux fixé sur l’éternité.
O roi, comment pourrait me leurrer la pompe éphémère ?
La voix mélodieuse de celui qui m’apporte des nouvelles de Toi
Ne serait-ce qu’en rêve, m’est plus douce que les chants.
Dans les prosternations de la prière, la pensée de Toi, ô Seigneur,
Est pour moi aussi nécessaire que réciter « les Sept versets réitérés ».
A toi appartiennent la pitié et l’intercession pour le péché des impies.
Tu es mon seigneur et le maître de ceux qui ont un coeur de pierre.
Une générosité éternelle m’offrirait-elle des royaumes,
Un trésor caché se répandrait-il tout entier devant moi,
Je me prosternerais de toute mon âme, je poserais ma face dans la poussière,
Je dirais : « Entre toutes ces choses, l’amour d’un seul me suffit ! »
Pour moi, la vie éternelle est le moment de l’union,
Car pour moi ce moment est en dehors du temps.
La vie est pareille au vase, l’union est la liqueur pure qu’il contient.
A quoi bon, sans toi, conserver ce vase ?
Auparavant, j’avais vingt mille désirs :
Dans ma passion pour Lui, aucun désir n’est demeuré.
Je suis devenu en sécurité, avec l’aide de sa grâce, car
Le roi invisible m’a dit : « Tu ne me vois pas ».
C’est la signification essentielle de « Lui » qui a rempli mon coeur et mon âme !
L’union avec Lui a pénétré mon âme, mais mon corps l’a ignoré.
Bien qu’incorporel, Il est devenu pour moi visible.
Le chagrin pour lui m’a vieilli, mais quand tu nommes Tabriz,
C’est toute ma jeunesse qui revient à moi.

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Veux-tu sauver ta vie ?

Dans cet ode No 596, Rûmî nous pose une question fondamentale :
« Veux-tu sauver ta vie ? » La réponse est tout aussi fondamentale !
« Enfuis-toi auprès du sultan ». Autrement dit : Retourne à Dieu !
C’est une évidence, que nous venons de Lui et qu’à Lui nous retournerons, et pourtant, il est si facile de L’oublier ! Il est si vite fait de L’ignorer !
Le quotidien, la vie éphémère d’ici-bas, nous rendent inconscients, amnésiques ! La course folle à la réussite matérielle, au luxe, au pouvoir, à la notoriété nous distrait de Sa présence et nous persuade que ici, est la vie… alors que la Vie à laquelle nous sommes invités est auprès de Lui ! Puissent ces quelques vers, nous rendre le goût de son amour !

Cette beauté que son éclat même dérobe aux yeux
Rend l’âme féconde par le goût de son amour.
La raison, par nostalgie de son parfum, de la lumière de son visage,
Rit, émerveillée, et pourtant se mord les mains.
A chaque aube, son passage me remplit d’une stupeur éperdue.
Avant que l’âme ne devienne ainsi, il ne dévoile pas son visage.
Toute chose que tu aperçois, tu la vois sans en prendre conscience ;
Tant que tu es conscient, en vérité, Il ne se montre pas,
Tu ne participes pas à son souffle, et l’âme n’est pas son amie intime.
Une pensée consciente, elle non plus, n’est pas digne.
Le corps a tissé un voile, l’âme l’a emporté et brûlé,
Car avec ces deux adversaires le coeur ne peut approcher de l’amour.
Tant que deux armées étrangères se trouvent dans cette demeure,
La lutte et le combat ne donnent naissance qu’à la poussière.
Veux-tu sauver ta vie ? Enfuis-toi auprès du sultan.
Si tu bénéficies de l’antidote, le poison ne t’atteindra pas.
A l’ombre de son ombre, goûte la félicité qu’il dispense,
Afin que l’âme remplie de miséricorde se repose jusqu’à la Résurrection.
Quand les yeux deviendront voyants, grâce à ce Roi, Salâh-od-Din,
Le coeur ira vers la rectitude, l’âme se procurera un flambeau.

Podcast et intermède musical: Veux-tu sauver ta vie?

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