Le vin de Dieu

Dans cet Ode No 78, Rûmî nous parle des enivrés de Dieu, de ceux qui vivent dans Sa Présence, qui se nourrissent de Son Amour. Il décrit la subtilité de l’âme, Sa délicatesse. Il tente de nous faire comprendre que les soucis du quotidien ne concernent pas la réalité de l’âme. En effet, elle est bien loin des besoins du « pain quotidien », à savoir les attachements émotionnels, les préoccupations financières, les désirs de pouvoir et de notoriété ou toute autre forme de possession matérielle.
Le vin de Dieu n’est autre que Son Amour, trésor caché au plus profond du coeur de l’homme, si proche et pourtant si difficile à atteindre seul. Une fois de plus Rûmî nous guide sur ce sentier divin.

O échanson enivre le buveur avec le vin de Dieu;
Sers le vin du Seigneur au coeur embrasé.
Parle moins du pain quotidien dans l’assemblée de ceux qui sont ivres ;
L’eau seule convient à ceux qui vivent dans l’eau.
Par ton éclat et par ton ordre, tu as détruit le corps ;
O âme, orne cette ruine avec le trésor qui s’y cache.
Ton amour transforme en roseraie le désert de sel,
Ta vague fait pleuvoir des perles de l’oeil du nuage.
Donne-nous plus de vin, écarte de nos yeux le souci ;
Que sait de la nuit celui qui est endormi ?
Quiconque boit à la même coupe que l’invité divin est un ange :
Pour les hommes de bien, c’est du ciel que descend ce vin.
L’ami intime de Dieu boit du vin exquis dans ses coupes :
C’est dans l’amphore de la dévotion que se puise ce vin pur.
Comment l’homme lucide comprendrait-il l’inconscience de ceux qui sont ivres ?
Comment Abû-Djahl comprendrait-il les états mystiques des Compagnons du Prophète ?
Pour les Soufis, le maître est Dieu, sans intermédiaire ;
Pour les Sabéen et les « gens du livre », c’est le livre qui est le maître.
Puisque tu es ami de Dieu, puisque tu as dépassé les intermédiaires,
Arrache le masque du visage des beautés masquées.
Le négateur qui, par manque d’espérance, dit : « Tu ne trouveras pas »,
L’obstacle sur sa route est ce « tu ne trouveras pas ».
Il n’est ni l’aigle blanc, ni le rossignol à la voix si pure ;
La ruine de ce monde vaut mieux pour ce hibou noir comme un corbeau.
Silence, ne parle plus. N’augmente pas les discussions et les querelles,
Car c’est de l’invisible que provient le message aux âmes dignes de le recevoir.

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Quand ton oeil s’ouvrira tu seras voyant

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Quand ton oeil s’ouvrira tu seras voyant

L’ode No 74 que nous livre Rûmî est une pure merveille ! Il nous invite au dépouillement, au renoncement des richesses matérielles pour vivre l’expérience des richesses mystiques !  Il nous livre un secret, pourtant déposé au coeur du coeur de chaque homme, et méconnu par le plus grand nombre ! Shams de Tabriz, s’adresse au bourgeon du coeur en ces termes : « Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».
Puisse le coeur de chacun entendre ce secret !

Si tu n’es pas chercheur, tu chercheras avec nous.
Si tu n’es pas ménestrel, tu chanteras avec nous.
Si tu es Qârûn, dans l’amour tu deviendras misérable.
Si tu es Seigneur, tu deviendras esclave.
Un seul flambeau de cette assemblée allume cent flambeaux.
Si tu es mort ou vivant, tu ressusciteras avec nous.
Tes pieds seront libérés d’entraves, tout brillera à tes yeux
Afin que tout ton être soit épanoui comme la rose, avec nous.
Revêts un instant de pauvres habits, pour voir les gens au coeur vivant :
Rejette la soie, et vêts-toi de bure, avec nous.
Quand la graine est semée, elle pousse et devient un arbre.
Si tu comprends ce secret, tu seras abaissé avec nous.
Shams-ul-Haqq de Tabriz dit au bourgeon du coeur :
« Quand ton oeil s’ouvrira, tu seras voyant avec nous ».

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L’éloquence silencieuse

  1. shemsi Husser 2:04

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L’éloquence silencieuse

Dans l’ode No 685, Rûmî nous parle de l’éloquence silencieuse, ce dialogue de coeur à coeur, sans artifice. Cet ode nous invite à porter notre attention sur les aspects sacrés, purs de la vie. Il nous enjoint à développer ce langage du coeur et laisser l’amour-propre de côté. Voici ce qu’il nous livre aujourd’hui :

Mon coeur se lamente avec le coeur de l’Ami :
Telle est l’éloquence silencieuse.
Je parle sans remuer les lèvres,
Puisque les jaloux prêtent l’oreille.
Je sais que la langue et l’oreille sont tous deux indiscrets ;
Je parle avec mon coeur, car le coeur est loyal.
Cent flammes de feu brillent dans les yeux,
Elles viennent du point le plus subtil du coeur, qui est le feu.
Le plus étrange est que, dans ce coeur enflammé,
Se trouvent tant de roses, de verdure, de jasmins.
Par ce feu, le jardin devient plus frais encore
De telle sorte que l’eau est unie à la flamme.
O mon âme, tu demeures dans la prairie,
Là, le coeur et l’intelligence glanent les épis.
Là où l’impiété et la foi n’ont pas de place,
Que viendrait faire l’amour-propre de tel ou tel ?

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