Si tu ignores l’amour, dors

  1. Shemsi Husser 4:13

Haut de page

Si tu ignores l’amour, dors

Dans l’ode No 314, Rûmî nous rappelle les règles à suivre pour nous rapprocher de l’union. Avec amour, il nous décrit les pièges, les attitudes, les attachements qui nous maintiennent loin de Lui (Dieu). Il nous rappelle ce qui sied au chercheur et ce qui convient à celui qui ne croit qu’en la réalité de cette vie. Si tu ignores l’amour, dors !
Ode merveilleux à méditer.

Si tu ignores l’amour, voici ce qui te convient : dors !
Va, l’amour et le chagrin pour Lui, c’est notre part : toi, dors !
Le soleil de notre douleur pour l’Ami nous a rendus pareils aux poussières qui dansent dans ses rayons.
Mais toi, dans le coeur de qui ne s’est jamais levé ce désir, dors.
A la recherche de l’union avec Lui, je cours comme une eau impétueuse.
Toi qui ne te soucies pas de savoir où Le trouver, dors.
La voie de l’amour est en dehors des soixante-douze voies, dors !
Puisque ton amour et ta voie sont la tromperie et l’hypocrisie, dors.
Son vin matinal est notre prière de l’aube, et ses grâces amoureuses notre prière du soir.
Toi dont le désir va aux mets délicieux, toi qui te soucies du soir dors.
Pour chercher la pierre philosophale, nous avons fondu comme le cuivre.
Toi pour qui le lit et le compagnon de lit sont la pierre philosophale, dors !
Puisque tu es ivre, et chancelles, et te relèves
Bien que la nuit soit passée et l’heure de la prière venue, dors.
Le destin m’a ôté le sommeil, va-t’en, ô jeune homme !
Tu n’as pas dormi, mais tu peux compenser ton manque de sommeil : dors.
Nous sommes captifs de l’amour, que fera-t-il de nous ?
Puisque tu es prisonnier de toi-même, va te coucher paisiblement et dors.
C’est moi qui mange le pain des larmes. ô ami ! C’est toi qui manges des choses exquises.
Puisqu’un mets délicieux est propice au sommeil, dors.
J’ai renoncé à l’espoir et à la vie aussi.
Toi dont l’espoir est gai et joyeux, dors.
J’ai déchiré l’habit des lettres, j’ai abandonné la parole.
A toi qui n’es pas nu sied une tunique. Va donc, et dors !

Podcast et intermède musical: Si tu ignores l’amour, dors

Haut de page

Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ?

L’ode que j’ai choisi aujourd’hui de vous partager nous interroge sur la confiance perdue face à l’Amour infini du Bien-Aimé. Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ? Pourquoi douter et se faire du soucis quant à l’avenir du monde ? L’amour serait-il donc incapable de faire un choix ?
Troublant de beauté et d’actualité….

Je connais ce monde : il n’exécute pas ses promesses.
Dans le monde entier ne se trouve pas un seul confident.
Ne contemple pas ce disque doré dans les hauteurs du ciel :
Il n’a rien à l’intérieur, pas même une natte de paille !
Tant d’imbéciles se hâtent vers le piège de ce monde
A l’instar d’aveugles qui n’ont pas de bâton à la main !
Ils se font du souci pour ce monde, c’est pour lui qu’ils tremblent.
Etrange déraison qui n’a point de remède !
Il fait croire à sa beauté parce qu’elle reste voilée :
En réalité, c’est une vieille femme, laide et sans aucun attrait.
Quiconque se soumet à ses sorcelleries est pareil au serpent,
Sans pieds, sans mains, sans intelligence et sans religion.
Celui-ci donne sa vie pour ce monde quand, par malheur,
Il n’a pas trouvé vers le Bien-Aimé un chemin salvifique.
Quel est ce cuivre plein de scories, qui oublie sa nature de cuivre,
Et s’imagine qu’il n’est point pour lui de pierre philosophale ?
A cause d’une vague image, on devient soi-même illusion,
On n’a que douleur, peine et souffrance.
Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ?
L’amour serait-il donc incapable de faire un choix ?
Combien de rois ont par amour conquis cent royaumes :
Une souveraineté telle qu’elle n’aura pas de fin.
Quelle faute cet amour a-t-il commis envers toi
Que tu le nies et dises qu’il est sans générosité ?
Une seule difficulté t’a fait reculer ;
Quel chemin as-tu vu qui ne comporte point de risques ?
Reste silencieux, car on fait pleuvoir sur les amoureux
Des perles si précieuses qu’elles n’ont pas de prix.

Podcast et intermède musical: Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ?

Haut de page

Sa lumière ne laisse subsister aucun voile

Comment prendre conscience de l’importance de vivre en toute confiance dans l’union absolue en Dieu ? Que Sa lumière ne laisse subsister aucun voile ? Que la voie de l’anéantissement en Lui l’emporte même sur TOUT ?
Pour ce faire, voilà ce que Rûmî nous dit au travers de l’Ode No 131.

Je suis allé, comme Moïse, au temps du désir et de la vision,
Vers le Mont Sinaï. O ! joie ! O ! joie !
J’ai vu là un sultan, un Khosraw, qui accroît la vie,
Qui ravit les coeurs, qui ennoblit l’âme, plein de grâce et de beauté.
Le Mont Sinaï, la plaine et la campagne, par le reflet de sa lumière
Sont devenus pareils au paradis éternel, remplis d’éclat et de gloire.
Les échansons, lumineux comme l’argent, la coupe d’or à la main,
Présentaient aux yeux de notre Roi un visage semblable à la lune rayonnante.
Par Sa beauté, les visages pâlis devenaient pleins d’éclat ;
La poussière de Ses pas illuminait, tel un collyre, les yeux des amis intimes.
Le chant célébrant Son amour remplissait la terre de ferveur ;
Le désir de l’union avec Lui jetait le firmament en un tournoiement sans fin.
Quand ce Roi des rois jette un regard sur l’anéantissement,
L’anéantissement l’emporte sur la vie éternelle.
Le ménestrel, à cet endroit, confond les mélodies
Car Sa lumière ne laisse subsister aucun voile.
L’ombre de Sa grâce est unie au soleil de Sa faveur.
La coïncidence des contraires est rendue possible par la perfection de Son amour.
Quand la brise matinale a retiré le masque de Son visage,
L’image de toute chose s’est effacée et s’est anéantie,
Mais dans cet effacement, l’existence est devenue centuple.
L’existence de l’effacement et l’effacement de l’existence sont devenus apparents à mes yeux.
Dès que j’ai vu, au-delà de ce monde pareil à l’âme,
Les atomes pleins de fidélité et de pureté dans leur désir pour Lui,
Je suis devenu tellement confus devant Lui que la nécessité
A chaque instant s’impose à moi de briser le Zonnâr.
J’ai dit : « O beauté pareille à la lune, je me repens, ne repousse pas les repentirs ».
Il répondit : « Tu as bien du chemin à faire avant de voir ce qu’est le repentir ! »
Il disait vrai : je suis loin de ma beauté au visage de lune,
Comme le pèlerin égaré dans le désert plein des ronces de la mort.
La lumière de cette lune est pareille à l’étoile de Canope, la ville de Tabrîz semblable au Yémen ;
Tout cela n’est qu’images de notre Roi qui règne dans les hauteurs.

Podcast et intermède musical: Sa lumière ne laisse subsister aucun voile

Haut de page

C’est l’Eau de la Vie éternelle

Encore et toujours Rûmî nous parle et nous invite à plonger dans le fleuve de l’Amour divin. C’est l’Eau de la Vie éternelle !
Il nous décrit simplement, avec des images du quotidien, les étapes à franchir pour entrer dans ce fleuve et s’y noyer. Il nous décrit avec amour et confiance ce qui attend l’âme de l’amoureux lorsqu’il plonge enfin….
C’est l’ode No 331 que je vous confie aujourd’hui

Pour ce roi qui ne désire ni tambours, ni étendards,
Je suis devenu fou : les fous sont en dehors des lois.
Tu me vois de loin, un être falot qui marche,
Mais cet être n’est qu’imagination, il n’est que pur néant.
Avance, et deviens néant, car le néant est la source de l’âme,
Mais non pas cette âme qui n’est que chagrin et souci.
Moi sans moi, toi sans toi, plongeons dans ce fleuve ;
Sur cette terre ne sont que malheur et tyrannie.
Dans ce fleuve on se noie, on n’y perd pas la vie :
C’est l’Eau de la Vie éternelle, la grâce et la miséricorde.

Podcast et intermède musical: C’est l’eau de la Vie éternelle

Haut de page