Injustice

« Si une injustice est commise par toi envers ton père, ce père deviendra méprisable à tes yeux.
Ton père n’est pas méprisable; c’est l’effet de ton injustice qu’une telle miséricorde t’apparaisse comme méprisable.
Quand tu as fait la paix avec ton père, la colère a disparu; ce mépris disparaît et ton père aussitôt devient ton ami. » Extrait du Mathnawî livre IV, 3255
La psychologie aujourd’hui, nous démontre que tous les problèmes rencontrés dans la vie de l’individu proviennent de situations non résolues avec les parents et tente de rejeter la responsabilité des malheurs sur les parents.
La spiritualité, elle, nous invite à nous interroger plutôt que de chercher un coupable à condamner, de s’interroger sur ce qui ne va pas en soi; sur ce qu’il serait bon de changer comme attitude pour pouvoir accueillir ses parents comme des êtres aimants, bienveillants, à qui il puisse être dit simplement MERCI pour la vie donnée et les accueillir comme Ami!
Mais quelles sont donc ces attitudes, ces injustices qui rendent les pères méprisables? L’arrogance, l’orgueil, l’attachement, la luxure, l’ignorance… eh oui, ce sont toujours les mêmes!!!
Cet extrait nous invite à une interrogation majeure: « Qu’est-ce qui empêche d’être en paix avec son père (ou sa mère) et de l’accueillir, simplement comme il est, sans exiger qu’il soit différent? Qu’y a-t-il à laisser tomber en soi, pour y parvenir? Comment faire la paix et devenir humble face à un parent? » Avoir pour Ami son père est bien différent que de le vouloir comme copain! Le père n’est-il pas une créature de Dieu? Est-il possible de rejeter une créature de Dieu et prétendre aimer Dieu? NON…
Le chemin de l’Eveil spirituel passe inévitablement par une succession d’abandon de croyances et d’attitudes.

Podcast: Injustice plus Ensemble Ibn Arabi

Haut de page

Entre, mon ami

Très bel extrait de l’Ode mystique 45 dans lequel Rûmî nous redit l’importance de l’essentiel !  « Efforce-toi de faire mourir « toi » en ce monde. »

Qu’il est doux de parler avec lui et d’entendre de sa bouche des histoires,
Surtout quand il ouvre la porte et dit : « Entre, mon ami ».
De ses lèvres sèches jaillit la source de Kherz.
Le tailleur de l’amour coupe la tunique à la taille de ‘homme.
Les yeux sont enivrés par l’ivresse de ses yeux.
Les arbres dansent dans la pureté de la brise matinale.
Le rossignol a dit à la rose : « Qu’y a-t-il dans ton coeur?
A présent parle, il n’y a personne d’autre que toi et moi ».
La rose dit : « Tant qu’il y a toi avec moi, n’espère rien de moi.
Efforce-toi de faire mourir « toi » en ce monde ».
Le chas de l’aiguille du désir est très petit, sache-le;
Il ne laisse pas passer le fil quand il voit qu’il est double.
Regarde le soleil plongé tout entier dans le feu,
Afin que la surface de la terre soit remplie de lumière.
Quand Moïse est allé vers le Buisson ardent
Celui-ci lui dit : « Je suis l’eau de Kawthar, déchausse-toi et viens :
Ne crains pas mon feu, car je suis comme l’eau, doux et agréable.
Tu es venu vers le bonheur, la place d’honneur t’appartient, salut à toi ».
Tu es l’orfèvre et le joyau, tu es l’âme de l’espace et de l’au-delà de l’espace.
Tu es ce qu’il y a de plus précieux au monde : quoi de commun entre les créatures et toi?

L’intermède musical est tiré d’un album de Kudsi Ergunner Podcast: Entre, mon ami

Haut de page