Le trésor de l’éternité

Cet ode mystique No 258 nous dit ô combien il est important de ne pas passer toutes nos nuits à dormir. Nous dit combien il est nécessaire de s’entretenir avec Dieu alors que tout est silence et tranquillité. Veiller est une nourriture pour l’âme, le collyre du mystère qui ouvre les yeux du coeur et de l’âme. Dieu nous appelle toute la nuit ! Comment l’entendrait-on si nous sommes plongés dans le sommeil profond ? Sommes-nous suffisamment assoiffé de Lui pour ne pas dormir ce soir ?

Si tu ne dors pas un soir, ô beauté pareille à la lune,
Le trésor de l’éternité apparaîtra à tes yeux.
C’est le soleil de l’invisible qui te réchauffera pendant cette nuit,
C’est le collyre du mystère qui t’ouvrira les yeux.
Ce soir, lutte contre toi-même, ne t’endors pas
Afin de découvrir les largesses que répand la joie.
C’est la nuit que toutes les beautés se dévoilent,
Celui qui dort n’entend pas les appels.
N’est-ce pas durant la nuit que Moïse, fils de Imrân, vit la lumière
Sur le buisson, lui faisant signe d’approcher ?
C’est pendant la nuit qu’il fit ce long chemin
Et qu’il aperçut un buisson noyé dans la lumière.
N’est-ce pas durant la nuit qu’Ahmad accomplit son Mi’râdj
Quand son coursier Borâq l’emporta vers le ciel ?
Le jour sert à gagner le pain quotidien, la nuit est pour l’amour.
Pour que les yeux jaloux ne te voient pas.
Tout le monde est endormi ; mais les amants
Pendant la nuit entière s’entretiennent avec Dieu.
Dieu plein de libéralité a dit à David :
« Celui qui prétend à notre amour
Et qui dort toute la nuit, ce n’est que mensonge ».
Comment le sommeil viendrait-il pour l’amoureux ?
Car l’amant recherche la solitude
Afin de raconter au Bien-Aimé les chagrins de son coeur.
Celui qui a soif ne dort que peu de temps :
Comment l’assoiffé aurait-il le sommeil lourd ?
Quand il dort, il voit en rêve l’eau vive,
Ou le bord du ruisseau, l’aiguière, le porteur d’eau.
Durant toute la nuit, Dieu nous appelle :
« Lève-toi, mets ce temps à profit, ô pauvre homme !
Sinon après la mort tu auras des regrets
Lorsque ton âme sera séparée de ton corps ».

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Pourquoi éviter la source de la vie

Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander  pourquoi tant d’efforts sont déployés, quotidiennement, pour tenter d’éviter la source de la vie ?
Rûmî n’a de cesse de nous interroger sur les sujets essentiels de la vie, ces sujets qui nous permettent de grandir, d’épanouir nos coeurs et d’étancher la soif…

Ode No 141

Tous tes amis sont la pierre, et tu es le corail. Pourquoi ?
Le ciel, avec tous les êtres est comme le corps, avec toi il est comme l’âme. Pourquoi ?
Quand tu viens, chacun des atomes de mon êtres applaudit ;
Quand tu t’en vas, tous se mettent à gémir. Pourquoi ?
Devant ton image, tous mes atomes deviennent souriants,
En présence de ton ennemi, chacune de mes fibres devient agressive. Pourquoi ?
Sans tes traits, sans tes grains de beauté, tels des points sur ton visage, cette intelligence serait illettrée.
Quant elle aperçoit ces traits, elle devient lettrée, pourquoi ?
Le corps dit à l’âme qu’il faut s’abstenir de son amour,
L’âme lui répond : « Pourquoi éviter la source de la vie, pourquoi ? »
Ton visage est le messager de la beauté et de la splendeur divines,
Et l’âme ne mettrait pas en toi sa foi, en dépit d’une telle preuve ? Pourquoi ?
Où donc trouver une preuve plus claire que ton visage?
Les impies ne coupent-ils pas leurs mains devant Joseph de Canaan ? Pourquoi ?
Là où tu sèmes une graine, là elle germera, un jour.
De la riche semence de la bonté, rien ne pousserait-il donc ? Pourquoi ?
Là où se trouve une ruine, il y a l’espoir d’un trésor ;
Ne cherches-tu pas le trésor de Dieu dans un coeur en ruines ? Pourquoi ?
Je n’ai vu dans le monde, aucun bazar dépourvu de balances :
Tout est pesé sur la balance, et le monde serait sans balance ? Pourquoi ?
Admettons que ces âniers portent des charges de fumier :
Les cavaliers resteront-ils, eux, inactifs dans ce champs ? Pourquoi ?
Chaque mélodie a un début et une fin.
Cesse enfin de parler : cette mélodie n’aurait-elle pas une fin ? Pourquoi ?

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Ce que tu cherches

A travers ses Quatrains, Rûmî, n’a de cesse de nous inviter à sortir du sommeil de l’ignorance ! Il nous rappelle encore et encore que nous sommes tous issus du Bien-Aimé, issus de cet Océan d’Amour infini, issus de ce dont nous ne cessons de chercher !
Nous sommes ici interrogés sur le sens de nos recherches !

O toi dont la pensée est enchaînée, tes pieds ne sont-ils pas libres ?
Finalement, tu l’as vu, le mouvement est, lui aussi, mystère.
Dans le mouvement, il est certain que la liberté devient sans contrainte
L’eau du puits et celle de la rosée sont rendues différentes par cela.

L’oiseau de l’âme ne désire pas s’envoler vers le ciel
Nulle des six directions ne l’incite à prendre son essor.
Tu demandes : « Où voler à tire-d’aile pour Le trouver ? »
Mais où peut-on voler où Il ne serait pas ?

Il est venu, il est venu, celui qui n’est jamais parti !
Cette eau n’a jamais manqué à ce ruisseau
Il est le trésor de musc et nous sommes son parfum :
Vis-tu jamais le musc séparé du parfum ?

Il est bon de franchir chaque jour une étape
Comme l’eau vive qui ne stagne pas.
Hier s’est enfui, l’histoire d’hier elle aussi est passée
Il convient aujourd’hui de conter une histoire nouvelle.

L’eau qui coule n’est pas lasse des poissons
Et le poisson n’est pas las de cette eau qui coule.
Ni l’âme ni le monde ne sont las des amoureux
Ni l’amour n’est las de l’âme et du monde.

Si tu es à la recherche de l’âme, tu es une âme
Si tu es en quête d’un morceau de pain, tu es du pain.
Si tu peux saisir le secret de cette subtilité, tu comprendras :
Chaque chose que tu recherches, c’est cela que tu es.

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La coupe de l’âme

Oraison au Bien-Aimé que nous livre Rûmî à travers ces quelques Quatrains !
Oraison pour nourrir le coeur et l’âme de Sa Présence, pour remplir la coupe de l’âme !
Merveilles qui illuminent les ténèbres de l’ignorance !

Chaque jour tu te lèves à nouveau, Ô Bien-Aimé de l’âme !
Tu mets une passion nouvelle dans l’esprit.
Remplis, remplis chaque matin la coupe de l’âme
O toi qui es le père et la mère de mon âme !

O toi qui a échangé contre du pain la perle de ta foi
Toi qui a donné une mine d’or contre une graine sans valeur,
Comme Nemrod n’a pas offert son coeur à Abraham
Finalement il a dû sacrifier sa vie à un moucheron.

La poussière est verdoyante parce que la chaleur l’anime 
Et surtout cette poussière parlante et vivante :
Cette poussière est inconsciente de Celui qui la pare,
Elle est inconsciente de Celui qui lui a donné la conscience.

Si tu lis une seule page de notre livre,
Tu deviendras émerveillé, et quel émerveillement !
Si tu assistes un seul instant à la leçon du coeur,
Tu peux attirer les maîtres vers ton propre enseignement.

O corps fait de terre, ne parle pas de la terre
Ne dis que l’histoire de ce miroir pur
Le Créateur du monde a mis en toi un attribut
Ne parle pas d’autre chose que des attributs du Créateurs

Ô toi qui m’as rendu éveillé même dans le sommeil,
Et grâce à qui tous les problèmes sont devenus aisés dans mon coeur,
Je suis libéré des ténèbres de l’ignorance et de l’impiété
Maintenant que, je le sais, tu es connaisseur des ténèbres.

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Cherche l’âme

Nouveau poème tiré des Odes mystiques de Rûmî, qui nous parle aujourd’hui de la Beauté intérieure, de l’âme, de l’éclat de la Lumière de Dieu ! Poème qui nous invite à nous interroger sur l’importance du discernement, sur le Véritable sens de la Vie. Que chercher et où Le chercher ? Le Bien-Aimé est la réponse à toutes nos interrogations et c’est dans les livres saints que nous pouvons déchiffrer les mystères des signes !
Voici ce que nous dit l’ode No 298.

Hélas pour ces gens qui semblent beaux parce qu’ils masquent leur laideur !
Extérieurement, ils ont l’éclat de la lune, intérieurement celui de la paille.
Ils dissimulent leurs griffes d’Antéchrist et montrent l’apparence des saints.
Le piège des voleurs est en eux, et les signes des rois dans leurs discours.
Ne sois pas amoureux du voile, ne fais pas patauger ton âne dans l’eau et la boue
Afin de ne pas rester comme lui immobilisé par la fange.
Si tu jettes au chien un morceau de pain, il le flaire avant de le manger;
Tu n’es pas un chien, tu es un lion; pourquoi tant d’avidité pour le pain ?
Dans chaque charogne, tu trouves un peu d’éclat, tu dis : « Mon âme » !
Quelle relation entre l’âme et l’éclat ? Cherche l’âme, trouve l’âme.
Tu es la demande et le désir ; le Bien-Aimé est la réponse à chaque demande.
Quand arrive la réponse, la demande s’anéantit dans la réponse.
C’est par sa parole que tu es venu à l’existence, comme le vin provient de l’eau.
Par son vin, tu as été anéanti comme l’eau dans le vin.
Lui, par sa grâce, a dressé la tête comme les flammes qui montent ;
Toi, par honte, tu as baissé la tête comme la faute devant la droiture.
Si l’automne pillard a dépouillé de ses feuilles le jardin,
La justice du printemps-roi ouvre toutes les portes.
Les feuilles, telles des missives, portent des signes verts :
Cherche le commentaire de ces signes dans « La Mère du Livre ».

Podcast et intermède musical: Cherche l’âme

Mokhtabad

 

 

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