Pourquoi l’âme ne se tient-elle pas au seuil du Bien-Aimé ?

  1. Shemsi Husser 3:43

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Sa lumière ne laisse subsister aucun voile

Comment prendre conscience de l’importance de vivre en toute confiance dans l’union absolue en Dieu ? Que Sa lumière ne laisse subsister aucun voile ? Que la voie de l’anéantissement en Lui l’emporte même sur TOUT ?
Pour ce faire, voilà ce que Rûmî nous dit au travers de l’Ode No 131.

Je suis allé, comme Moïse, au temps du désir et de la vision,
Vers le Mont Sinaï. O ! joie ! O ! joie !
J’ai vu là un sultan, un Khosraw, qui accroît la vie,
Qui ravit les coeurs, qui ennoblit l’âme, plein de grâce et de beauté.
Le Mont Sinaï, la plaine et la campagne, par le reflet de sa lumière
Sont devenus pareils au paradis éternel, remplis d’éclat et de gloire.
Les échansons, lumineux comme l’argent, la coupe d’or à la main,
Présentaient aux yeux de notre Roi un visage semblable à la lune rayonnante.
Par Sa beauté, les visages pâlis devenaient pleins d’éclat ;
La poussière de Ses pas illuminait, tel un collyre, les yeux des amis intimes.
Le chant célébrant Son amour remplissait la terre de ferveur ;
Le désir de l’union avec Lui jetait le firmament en un tournoiement sans fin.
Quand ce Roi des rois jette un regard sur l’anéantissement,
L’anéantissement l’emporte sur la vie éternelle.
Le ménestrel, à cet endroit, confond les mélodies
Car Sa lumière ne laisse subsister aucun voile.
L’ombre de Sa grâce est unie au soleil de Sa faveur.
La coïncidence des contraires est rendue possible par la perfection de Son amour.
Quand la brise matinale a retiré le masque de Son visage,
L’image de toute chose s’est effacée et s’est anéantie,
Mais dans cet effacement, l’existence est devenue centuple.
L’existence de l’effacement et l’effacement de l’existence sont devenus apparents à mes yeux.
Dès que j’ai vu, au-delà de ce monde pareil à l’âme,
Les atomes pleins de fidélité et de pureté dans leur désir pour Lui,
Je suis devenu tellement confus devant Lui que la nécessité
A chaque instant s’impose à moi de briser le Zonnâr.
J’ai dit : « O beauté pareille à la lune, je me repens, ne repousse pas les repentirs ».
Il répondit : « Tu as bien du chemin à faire avant de voir ce qu’est le repentir ! »
Il disait vrai : je suis loin de ma beauté au visage de lune,
Comme le pèlerin égaré dans le désert plein des ronces de la mort.
La lumière de cette lune est pareille à l’étoile de Canope, la ville de Tabrîz semblable au Yémen ;
Tout cela n’est qu’images de notre Roi qui règne dans les hauteurs.

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Le vin de Dieu

Dans cet Ode No 78, Rûmî nous parle des enivrés de Dieu, de ceux qui vivent dans Sa Présence, qui se nourrissent de Son Amour. Il décrit la subtilité de l’âme, Sa délicatesse. Il tente de nous faire comprendre que les soucis du quotidien ne concernent pas la réalité de l’âme. En effet, elle est bien loin des besoins du « pain quotidien », à savoir les attachements émotionnels, les préoccupations financières, les désirs de pouvoir et de notoriété ou toute autre forme de possession matérielle.
Le vin de Dieu n’est autre que Son Amour, trésor caché au plus profond du coeur de l’homme, si proche et pourtant si difficile à atteindre seul. Une fois de plus Rûmî nous guide sur ce sentier divin.

O échanson enivre le buveur avec le vin de Dieu;
Sers le vin du Seigneur au coeur embrasé.
Parle moins du pain quotidien dans l’assemblée de ceux qui sont ivres ;
L’eau seule convient à ceux qui vivent dans l’eau.
Par ton éclat et par ton ordre, tu as détruit le corps ;
O âme, orne cette ruine avec le trésor qui s’y cache.
Ton amour transforme en roseraie le désert de sel,
Ta vague fait pleuvoir des perles de l’oeil du nuage.
Donne-nous plus de vin, écarte de nos yeux le souci ;
Que sait de la nuit celui qui est endormi ?
Quiconque boit à la même coupe que l’invité divin est un ange :
Pour les hommes de bien, c’est du ciel que descend ce vin.
L’ami intime de Dieu boit du vin exquis dans ses coupes :
C’est dans l’amphore de la dévotion que se puise ce vin pur.
Comment l’homme lucide comprendrait-il l’inconscience de ceux qui sont ivres ?
Comment Abû-Djahl comprendrait-il les états mystiques des Compagnons du Prophète ?
Pour les Soufis, le maître est Dieu, sans intermédiaire ;
Pour les Sabéen et les « gens du livre », c’est le livre qui est le maître.
Puisque tu es ami de Dieu, puisque tu as dépassé les intermédiaires,
Arrache le masque du visage des beautés masquées.
Le négateur qui, par manque d’espérance, dit : « Tu ne trouveras pas »,
L’obstacle sur sa route est ce « tu ne trouveras pas ».
Il n’est ni l’aigle blanc, ni le rossignol à la voix si pure ;
La ruine de ce monde vaut mieux pour ce hibou noir comme un corbeau.
Silence, ne parle plus. N’augmente pas les discussions et les querelles,
Car c’est de l’invisible que provient le message aux âmes dignes de le recevoir.

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Le moment de l’union

  1. Shemsi Husser 4:23

 

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O toi, Visage de l’Amour éternel

Cet Ode de Rûmî, est un appel, un rappel … un hommage rendu …
A travers les épreuves plus ou moins douloureuses de ce monde, il nous invite à retrouver le chemin de l’Union divine, à ne pas rester prisonnier des émotions, des désillusions, des tourments imposés dans ce monde-ci. Il nous rappelle que quelles que soient les expériences, l’âme, bien que prisonnière de ce corps, n’est pas séparée de la plénitude du TOUT.

O toi dont la chaleur cachée derrière les voiles est pour nous l’été !
O toi collyre de l’oeil de l’âme, où donc es-tu parti ? Reviens,
Afin que l’eau de la miséricorde jaillisse du sein des flammes,
Que la verdure surgisse des terres arides, que les tombes deviennent des jardins,
Afin que le raisin soit mûr et que notre pain soit cuit.
O Soleil de l’âme et du coeur ! O toi par qui le soleil est humilié !
Regarde enfin comment ont emprisonné notre âme cette eau et cette argile.
Maintes fois les épines sont devenues roseraies, par amour de ton visage,
Jusqu’à ce que cent mille aveux aient jailli de notre foi.
O toi, Visage de l’Amour éternel ! Tu es apparu dans la beauté d’un corps
Afin de guider l’âme, hors de cette prison, vers l’Unique …
Dans le sombre chagrin, fais apparaître la joie, de cette nuit profonde fais sortir le jour,
Un jour étrange, plein de merveilles, ô notre aurore qui répands la lumière !
D’une perle de pacotille tu fais une perle d’un pur orient, tu rends jalouse Zohra elle-même.
Tu transformes le pauvre hère en monarque. Longue vie à toi, ô notre sultan !
Où sont les yeux capables de te voir, afin de parvenir à ta poussière ?
Où est l’oreille intelligente capable d’entendre nos discours ?
Quand le coeur compte les bienfaits, rendant grâces de ces douceurs,
De chaque atome de notre corps, le désir s’écrie.
Le son du tambourin s’est élevé de l’âme, afin que les parcelles se joignent au tout,
Fleur à fleur, rose à rose, hors de notre prison d’épines.

Podcast et interméde musical: O toi, visage de l’amour éternel

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