La maison de l’Amour

La rencontre de l’Aimé est ici possible à condition d’entrer dans « la forêt des lions »; dépasse les pièges de l’âme charnelle, ne crains pas les blessures de l’égo; va dans  le lieu où se trouve la force non encore canalisée, la Force divine; la maison de l’Amour est le coeur! Les blessures ne sont causées que par l’imagination! L’égo, aussi appelé âme charnelle, est très fort pour déguiser l’imagination en « réalité », et te faire croire que c’est bien du coeur dont il est question! Ne reste pas dans la confusion, ne reste pas sur le seuil de la maison, entre! La miséricorde et l’Amour t’attendent!

[…] O maître penche la tête hors de ce balcon,
Car ton radieux visage est un signe de bonheur.
Je jure par ta vie que, sauf la vue de ton visage,
Tout, même le royaume du monde, n’est que sortilèges et que fables.
Le jardin se demande quelles sont les fleurs, quelles sont les feuilles,
Les oiseaux affolés ne savent plus distinguer le grain du piège.
Celui-ci est le Seigneur du ciel, qui ressemble à Vénus et à la lune.
Ceci est la maison de l’Amour, qui est sans limites et sans bornes.
Pareille à un miroir, l’âme a reçu ton image dans son coeur;
Le coeur s’est perdu, comme un peigne, dans les boucles de tes cheveux.
En présence de Joseph, les femmes se coupaient les doigts*.
Viens à moi, ô mon âme, car le Bien-Aimé est parmi nous.
Dans la maison, tous sont ivres, et personne ne connaît
L’identité de celui qui entre, ni ne sait qui il est.
Il est néfaste de rester assis sur le seuil: entre vite dans la maison!
Celui qui reste sur le seuil en est chagriné.
Ceux qui sont ivres de Dieu, bien qu’ils soient des milliers, ne sont qu’un;
Ceux qu’enivre le désir charnel ne sont pas dans l’unité, mais dans la multiplicité.
Va dans la forêt des lions, et ne crains pas les blessures,
Car ces pensées craintives ne sont qu’imagination de femmes:
Il n’y a point ici de blessures; tout est miséricorde et amour;
Mais ton imagination est comme une barre qui verrouille la porte.
N’enflamme pas le bois, garde le silence, ô mon coeur;
Tais-toi, car ce sont des flammes que tes paroles. (Odes mystiques 332)
* Coran XII, 31

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