Celui qui voyait par la lumière de Dieu

Rûmî nous traduit une parabole dans le Mathnawî livre VI, 1131; parabole de Hilâl, celui qui voyait par la lumière de Dieu.  A méditer!

C’est l’histoire de caravaniers qui arrivèrent et entrèrent dans un village et trouvèrent ouverte une certaine porte.
L’un d’eux dit: « Durant cette période de temps froid, arrêtons-nous ici pour quelques jours. »
Une voix cria: « Non, déchargez-vous au-dehors, puis pénétrez à l’intérieur! Déposez au dehors tout ce qui doit être déposé: n’entrez pas avec, car le lieu de cette assemblée a une haute dignité. »
Hilâl était un initié et un homme à l’âme illuminée, bien qu’il fût le valet et l’esclave d’un émir musulman. Le jeune homme servait comme valet à l’écurie, mais en réalité il était un roi d’entre les rois, et un esclave seulement de nom.
L’émir ignorait l’état véritable de son esclave, car il ne possédait d’autre discernement que du genre de celui d’Iblis. Il voyait l’argile, mais non le trésor qu’elle recélait; il voyait les cinq sens et les six directions, mais non la source des cinq sens.
La couleur de l’argile est manifeste, la lumière de la religion est cachée; ainsi en était-il pour chaque prophète du monde.
Une personne vit le minaret, mais non l’oiseau perché sur lui, bien que sur ce minaret se trouvât un splendide faucon royal;
et un second observateur vit un oiseau battant des ailes, mais il ne vit pas le cheveu dans le bec de l’oiseau.
Mais celui qui voyait par la lumière de Dieu aperçut à la fois l’oiseau et le cheveu, et dit à l’autre: « Je te prie, dirige ton regard vers le cheveu; tant que tu ne l’auras pas vu, le noeud ne sera pas dénoué. »
L’un vit dans la boue seulement de l’argile façonnée, tandis que l’autre vit l’argile remplie de connaissance et d’oeuvres.
Le corps est le minaret, la connaissance et l’obéissance envers Dieu sont comme l’oiseau: supposez que trois cents oiseaux y soient perchés, ou seulement deux oiseaux, comme il vous plaira.
L’homme moyen voit seulement l’oiseau: ni devant, ni derrière lui, il ne voit autre chose qu’un oiseau. Le cheveu est la lumière cachée appartenant à l’oiseau, grâce à laquelle l’âme de l’oiseau dure à jamais:
Les actions de l’oiseau dans le bec duquel se trouve un cheveu ne sont jamais empruntées; sa connaissance jaillit perpétuellement de son âme; cet oiseau n’a rien qui soit emprunté à autrui et n’a aucune dette.

Et toi, que voix-tu? Qu’empruntes-tu aux autres et que laisses-tu jaillir de ton âme?

L’intermède musical est tiré de l’album Whirling de Omar Faruk Tekbilek Podcast: Celui qui voyait par la lumière de Dieu

Haut de page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *