Apprends l’art du silence

A travers les Odes mystiques, Rûmî n’a de cesse de nous enseigner les choses les plus simples pour atteindre la pureté du coeur. Pour atteindre le coeur du Très-Haut !
Dans l’ode No 122 il nous invite une fois encore à nous libérer de nous-même en ces termes :  » Silence ! Apprends l’art du silence. »

J’ai vu son beau visage de Paradis,
Cet oeil, ce luminaire de la clarté,
Cette qibla et ce lieu de prosternation de l’âme,
Ce plaisir et ce refuge pleins de paix.
Mon coeur a dit : « Là, j’offre ma vie,
J’abandonne mon existence et mon orgueil ».
L’âme aussi est entrée dans le Samâ.
Elle se mit à battre des mains.
L’intelligence est venue ; elle a dit : « Moi que dirais-je
Au sujet de cette beauté et de cette joie sublimes,
Au sujet de ce parfum de la rose qui a rendu pareils aux cyprès
Les dos voûtés et courbés comme un arc ? »
Par l’amour toute chose se métamorphose […]
O âme ! Tu es parvenue jusqu’à l’âme de l’âme !
O corps ! Tu as abandonné ta nature corporelle.
Si ta foi a pour but la sécurité,
Cherche la sécurité dans la solitude de la retraite.
Qu’est-ce que la retraite ? C’est la résidence du coeur.
Fais ta demeure dans la quiétude du coeur.
C’est dans cette résidence qu’est apportée
Cette coupe éternelle de suavité.
Silence ! Apprends l’art du silence.
Cesse de te vanter de tes talents,
Car c’est le coeur qui est le lieu de la foi.
Garde dans ton coeur la qualité de croyant.

Podcast et intermède musical: Apprends l’art du silence

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L’océan de Dieu

Au travers de cet ode mystique, une fois de plus Rûmî nous invite à sortir de notre léthargie et à nous souvenir de l’océan de Dieu, cet océan d’Amour pur et de trésor enfoui !

Ode No 648

O vous qui êtes allés en pèlerinage à la Mecque, où donc êtes-vous ?
Venez, venez : c’est ici que se trouve le Bien-Aimé.
Ton Bien-Aimé est ton voisin le plus proche, seul un mur vous sépare :
Quelle idée avez-vous d’errer dans le désert ?
Si vous voyez la forme sans forme du Bien-Aimé,
Vous êtes à la fois le Seigneur, la Maison et la Ka’ba.
Dix fois par ce chemin vous êtes entrés dans cette maison :
Une seule fois sortez de cette maison, montez sur la terrasse.
La maison de Dieu est belle, vous l’avez décrite dans tous ses détails.
Montrez-nous donc un signe du Seigneur de cette maison.
Où est le bouquet que vous avez cueilli, si vous avez visité ce jardin ?
OÙ est la perle de l’âme, si vous sortez de l’océan de Dieu ?
Puissent tant de peines subies être transformées en trésor !
Hélas ! c’est vous-mêmes qui cachez votre propre trésor.

Podcast et intermède musical: L’océan de Dieu

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Il n’y a que Lui

Quelques quatrains de Rûmî qui nous parlent de l’Amour et de la Beauté, qui nous disent encore et toujours qu’il n’y a que Lui, le Bien-Aimé; Lui, le Tout Pardonnant; Lui, le Clément, le Généreux, le Bienveillant : Dieu.

Crois-moi, l’amour est une action noble
S’il y a un défaut, c’est que la nature de l’esprit est mauvaise.
Tu donnes le nom d’amour à la sensualité ;
Il y a bien du chemin entre la sensualité et l’amour !

Ne considère pas cet homme qui a maintes connaissances
Considère sa fidélité, comment sont sa fidélité et sa soumission ?
S’il peut être fidèle à son engagement
L’homme vaut mieux que tous les attributs que tu peux lui conférer.

Je suis la montagne : mon écho est la voix du Bien-Aimé
Je suis une peinture : mon peintre est mon Bien-Aimé.
Je suis comme une serrure dont le bruit vient de la clé :
Tu crois que c’est ma parole quand une parole est prononcée.

Dans mon coeur, et en dehors de mon coeur, il n’y a que Lui
Dans mon corps, la vie, la veine et le sang ne sont que Lui.
Comment seraient ici possibles l’incroyance et la foi ?
Nul doute n’est dans mon être, puisque tout est Lui.

Dieu nous préserve que le coeur de l’amoureux soit affligé
Ou que sauf par l’amour, sa robe soit déchirée.
Dieu nous préserve qu’un amoureux s’endorme dans la poussière ;
Pur, où irait-il ? Sinon dans ce monde pur ?

Podcast et intermède musical: Il n’y a que Lui

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Laisse parler mon coeur

Dans cet ode mystique, Rûmî interroge Dieu, s’interroge, nous interroge, sur le sens de la Vie, le sens de la Présence de Dieu, le sens de notre présence en Dieu !
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Nous avons à travers cet ode, de quoi méditer et de quoi célébrer les Grâces de Dieu !

Qu’est-ce que mon coeur s’il ne T’appartient pas ?
Qu’est-ce que mon corps, s’il n’est pas anéanti par Toi ?
L’un est comme le firmament, l’autre comme la lune :
Que font-ils tous deux quand il n’y a pas de lumière ?
Dans le paradis même, au sein des délices,
Quelle torture s’il n’existe pas la vision !
Puisque c’est Toi qui excuses nos péchés et nos iniquités,
Que deviennent ces iniquités, sinon des actions pures ?
Puisque c’est Toi qui nous reproches nos fautes,
Que peuvent souhaiter d’autre le coeur et l’âme : ces fautes Te font T’adresser à nous.
Si j’enseigne le contenu de deux mille livres, ne serai-je pas las
Si je ne possède pas la pureté qui illumine le coeur ?
Aucun jasmin ne sourit, aucun arbre ne danse,
Aucune prairie n’exhale de parfum, si n’existe pas la brise.
Tu es dénudé par la pauvreté ?
La lune se soucie-t-elle de n’avoir pas de tunique ?
Quoi d’étonnant si l’ignorant est indifférent à l’amour ?
La souveraineté et la suzeraineté ne sont pas destinées à tous.
Dieu par miséricorde, appelle vers Lui tous les pécheurs
S’ils viennent avec repentir et de bonne foi.
Renonce à la vie, renonce à la lune du ciel :
Je jure par Dieu que rien n’est comme Dieu.
Que feras-tu d’une vie vouée à l’anéantissement ?
Que feras-tu d’un or qui ne t’appartiendra plus ?
Tout le jour tu dis : « Mon amie est pareille à une rose ».
Que feras-tu d’une rose qui n’a pas de lendemain ?
O mon âme ! Ne t’enfuis pas devant la peine qu’inflige le Bien-Aimé,
Car tu resterais sans maturité, si la douleur ne t’avait mûri.
Combien sont douces les nuits avec une beauté telle le disque de la lune.
Qui n’est que face, qui n’a point de revers ?
Combien est heureux le roi devenu Son esclave !
Combien est heureux un ami qui n’est pas séparé de Lui !
Garde le silence, ô mon corps ! Laisse parler mon coeur,
Car le récit du coeur est au-delà de l’individualité.

Ode mystique No 963

Podcast et intermède musical: Laisser parler mon coeur

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Le chagrin

Quel est donc ce chagrin auquel Rûmî nous invite à méditer à travers ces Quatrains ? Comment le chagrin peut-il exister dans le coeur de l’homme alors que la Joie est Sa Source ? Que choisirons-nous de manifester ? La Joie ou le chagrin ?
Pourquoi se poser encore tant et tant de questions et ne pas tout simplement s’oublier en Dieu ?

Qu’est-ce que le chagrin qui tourne dans le coeur de l’homme ?
Le chagrin tourne autour de ceux qui sont tristes et froids.
Dans le coeur de l’homme de Dieu existe un océan
Qui, grâce à ses vagues, fait tourner le monde.

Quand le chagrin vient-il chez les esclaves du sultan
Là où se trouvent toutes ces chances souriantes ?
Il existe quelque chose de plus vaste que la joie
Qui tourne dans la tête de ceux qui sont ivres et pleins de langueur.

Si tu deviens la proie de Dieu, tu seras libéré du chagrin
Si tu pénètres en ton propre être, tu y seras captif
Sache que ton existence est le voile de ton chemin
Ne reste pas avec toi-même, tu n’éprouveras que lassitude.

O mes yeux, vous ne serez pas appauvris par les larmes
O mon coeur, cet état ne te rendra pas ensanglanté
O mon âme, si tu es arrivée au dernier instant de mon corps
Pour quelle raison rester donc là ?

Podcast et intermède musical: Le chagrin

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