Les grâces de l’amour

A travers ces quelques quatrains, ce sont les grâces de l’amour que nous livre Rûmî tel un hymne. Ses paroles au goût suave éveillent et nourrissent l’amoureux. Comment nos coeurs  pourraient-ils rester un seul instant indifférents à cet hymne ?

 A chaque instant, ô ma lune, tu me réclames auprès de toi
Tu m’interroges sur mon état, et tu le connais toi-même.
Tu es comme un cyprès qui marche et la parole pour toi est comme le vent
Je parle, et toi, tu agites la tête, distraitement.

O amour qui es-tu ? Toutes choses t’appartiennent.
Tu es l’union, et tous sont séparés de toi.
Tu restes dans la maison, et tous sont tes gardiens.
Tu es la mère, et tous sont tes enfants.

Ne considère pas cet homme qui a maintes connaissances
Considère sa fidélité, comment sont sa fidélité et sa soumission.
S’il peut être fidèle à ses engagements
L’homme vaut mieux que tous les attributs que tu peux lui conférer.

Dans mon coeur et en dehors de mon coeur, il n’y a que Lui
Dans mon corps, la vie, la veine et le sang ne sont que Lui.
Comment seraient ici possibles l’incroyance et la foi ?
Nul doute s’est dans mon être, puisque tout est Lui.

L’amour est venu et a brisé mon repentir
Comme du verre. Qui peut le raccommoder ?
S’il y a un raccommodeur, c’est aussi l’amour:
Il n’est pas possible de fuir la brisure et la réparation.

Podcast et intermède musical: Les grâces de l’amour

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Le jeûne

Le jeûne est une, parmi les voies qui mènent à Dieu, pour nous rappeler combien grande est Sa générosité. Combien belle Sa beauté et combien illimité Son amour.
Je vous fais part de quelques quatrains de Rûmî pour nourrir nos coeurs.

Dans la roseraie je sens le parfum de tes lèvres
Je vois ta couleur dans
la tulipe et le jasmin.
S’il n’en n’était pas ainsi, j’ouvrirais mes lèvres
Afin qu’elles disent ton nom, et que je l’écoute.

Garde ce jeûne comme une corbeille
Afin que ce jeûne pour toi demande à Dieu.
L’eau de la vie rafraichit la brûlure du coeur,
Ce jeûne est comme un aiguière, ne la brise pas !

O chandelle on dirait que tu as la coutume des soufis
Car tu as six attributs des gens de la pureté :
La veille nocturne, le rayonnement du visage, la pâleur,
La brûlure du coeur, les larmes des yeux et l’éveil.

Je suis la montagne : mon écho est la voix du Bien-Aimé
Je suis une peinture : mon peintre est mon Bien-Aimé
Je suis comme une serrure dont le bruit vient de la clé :
Tu crois que est ma parole quand une parole est prononcée.

Je le nomme tantôt le vin, tantôt la coupe
Tantôt l’or pur, tantôt l’argent brut
Tantôt l’appât, tantôt le gibier, tantôt le piège :
Pourquoi donc tout cela ? Pour ne pas dire son nom..

Podcast et intermède musical: Le Jeûne

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O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici

Rûmî nous a laissé un héritage merveilleux sur la conscience qu’il avait de Dieu. Sur la compréhension qu’il avait acquise de l’Unité. Sur la certitude que rien n’existe hors Lui (Dieu) . Sur le fait qu’il est indiscutable « qu’ici » en Dieu, est le seul Lieu, la Source du TOUT ! C’est un superbe hommage que cet ode No 118.

La lune a tenu sa promesse d’ici :
Jamais nous ne partirons d’ici.
Ici est le secours de la vie de l’âme,
Et les yeux tirent leur joie d’ici.
C’est ici que le pied s’est enlisé dans la boue,
Comment pourrons-nous nous échapper d’ici ?
C’est ici, je le jure par Dieu, que nous avons laissé notre coeur :
O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici !
C’est ici que la mort ne pénètre pas.
La mort est écartée loin d’ici.
Tu t’es levé d’ici, comme le soleil,
Tes rayons m’ont illuminé, d’ici.
L’âme devient verdoyante, gaie et fraiche :
C’est d’ici qu’elle trouve l’éternité, c’est d’ici.
Retire à nouveau ton voile,
Lève-toi une nouvelle fois d’ici.
C’est ici que se trouve le vin éternel,
O échanson, verse le vin d’ici.
C’est la source de l’eau de la vie,
O porteur d’eau, remplis ton outre d’ici.
Ici les coeurs ont trouvé et des plumes et des ailes,
L’intelligence a pris son essor, d’ici.

Podcast et intermède musical: O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici

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L’appel au secours

Combien grande fut la tristesse de Rûmî lorsque son Maître, Shams de Tabriz, disparut. Toute l’oeuvre que nous connaissons aujourd’hui est un hommage rendu à celui qui éveilla son coeur, à celui qui fit rayonner la splendeur de la Lumière divine et le rendit ivre d’Amour ! Dans l’ode de ce jour, No 854, Rûmî adresse un appel au secours à l’âme. Cet appel nous concerne tous, où que nous soyons, qui que nous soyons sans exception ! Nous sommes ici invités à une épreuve de foi !

J’ai dit : « Ne fais pas ainsi, ô mon âme ! Ce n’est pas ainsi qu’il faut agir.
Le chagrin veut s’emparer de notre vie ». Il répondit : « Ce n’est pas vrai.
Comment le chagrin aurait-il l’audace de s’attaquer à toi ?
Je le consumerai comme des brindilles, s’il ne prend pas garde.
Le chagrin éprouvera de la frayeur et de la crainte ; il nous connait bien.
Je le réduirai en cendres, bien qu’il ne soit pas de feu.
Le chagrin connaît son adversaire, et connaît aussi sa propre limite :
A l’égard de ceux qui sont obéissants, il est humble comme la terre.
Puisque tu nous appartiens, si tu pénètres dans le poison,
Comment le poison aurait-il l’audace de ne pas devenir miel ? »
Au sein de la fumée et des flammes, Abraham est joyeux.
Dieu seul connaît celui qui est ou non loyal.
Celui qui est loyal est le compagnon de l’Invisible.
Comment chaque espèce ne serait-elle pas le compagnon de son espèce ?
O toi dont la main est lumineuse comme celle du prophète Moïse,
Je désire que la main de Moïse ne reste pas cachée dans sa manche,
Car la rose de la félicité ne fleurit pas loin de ton visage.
« C’est Toi seul que nous adorons », ô mon âme ! n’existe pas sans notre appel au secours.

Podcast et intermède musical: L’appel au secours

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Ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore

Merveille des merveilles ! Avec cet ode No 83 Rûmî nous invite encore et toujours à célébrer la Vie. Il nous convie à rester éveillé en nos coeurs pour ne pas tomber dans l’oubli de Lui, le Créateur suprême. Lui Dieu, éternellement présent.

O ami au visage de lune, ô ménestrel à la voix suave,
Ton chant magnifie l’âme ; ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
Tu es la valeur précieuse, à tous tu as octroyé une plus grande valeur.
Il en a toujours été ainsi : ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
La nouvelle s’est répandue dans cent villes : O hommes à l’âme troublée !
Celui qui dormait s’est réveillé : ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
Cette Beauté tentatrice s’est réveillée, elle qui, par ses flèches
Fait se fendre la montagne. Ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
A la maison une telle assemblée, dans l’assemblée un tel flambeau !
Je désire de toi une faveur : ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.

Le prince est venu, cette lune éclatante est venue,
Celui qui a la douceur du lait et du sucre est venu ! Ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
O toi dont la voix et les chants sont plus agréables et plus frais que la brise matinale,
Tu fais tourner notre tête. Ne prends pas de repos juisqu’à l’aurore.
La réunion est par toi bénie, la joie est par ta bouche rendue vivante
Comme la bougie qui brille. Ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
Cette roue du firmament, ce globe terrestre sont une tente : qui en vit jamais une pareille ?
O toi pilier de cette tente, ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.
Ces gens sont remplis de toi, pleins de ferveur à cause de toi,
Ils sont bouleversés et hors d’eux-mêmes à cause de toi. Ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.

(…)
Nous sommes silencieux comme l’âme ; mais, ô ma vie, comment l’âme dormirait-elle ?
Parle pour nous, et ne prends pas de repos jusqu’à l’aurore.

Podcast et intermède musical: Ne prends pas de repos

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