Le moment de l’union

Dans cet ode No 207, Rûmî nous rappelle combien est important le moment de l’union au Bien-Aimé. Par différents exemples il nous invite à entrer dans la compréhension profonde de « Lui », le Bien-Aimé. Il nous invite à vivre humblement l’état d’union avec Lui, à nous détacher des désirs de ce monde éphémère à accueillir simplement l’instant présent hors du temps ! Que de délice pour l’âme le moment de l’union !

O Toi réconfort de mon âme au temps de la douleur,
O Toi, trésor de mon esprit dans l’amertume du besoin !
Ce que l’imagination n’a pas conçu, ce que la raison et l’entendement n’ont pas perçus
Sont venus de Toi à mon âme, c’est pourquoi je me tourne vers Toi, T’adorant.
Par ta grâce, je garde mon regard amoureux fixé sur l’éternité.
O roi, comment pourrait me leurrer la pompe éphémère ?
La voix mélodieuse de celui qui m’apporte des nouvelles de Toi
Ne serait-ce qu’en rêve, m’est plus douce que les chants.
Dans les prosternations de la prière, la pensée de Toi, ô Seigneur,
Est pour moi aussi nécessaire que réciter « les Sept versets réitérés ».
A toi appartiennent la pitié et l’intercession pour le péché des impies.
Tu es mon seigneur et le maître de ceux qui ont un coeur de pierre.
Une générosité éternelle m’offrirait-elle des royaumes,
Un trésor caché se répandrait-il tout entier devant moi,
Je me prosternerais de toute mon âme, je poserais ma face dans la poussière,
Je dirais : « Entre toutes ces choses, l’amour d’un seul me suffit ! »
Pour moi, la vie éternelle est le moment de l’union,
Car pour moi ce moment est en dehors du temps.
La vie est pareille au vase, l’union est la liqueur pure qu’il contient.
A quoi bon, sans toi, conserver ce vase ?
Auparavant, j’avais vingt mille désirs :
Dans ma passion pour Lui, aucun désir n’est demeuré.
Je suis devenu en sécurité, avec l’aide de sa grâce, car
Le roi invisible m’a dit : « Tu ne me vois pas ».
C’est la signification essentielle de « Lui » qui a rempli mon coeur et mon âme !
L’union avec Lui a pénétré mon âme, mais mon corps l’a ignoré.
Bien qu’incorporel, Il est devenu pour moi visible.
Le chagrin pour lui m’a vieilli, mais quand tu nommes Tabriz,
C’est toute ma jeunesse qui revient à moi.

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Veux-tu sauver ta vie ?

Dans cet ode No 596, Rûmî nous pose une question fondamentale :
« Veux-tu sauver ta vie ? » La réponse est tout aussi fondamentale !
« Enfuis-toi auprès du sultan ». Autrement dit : Retourne à Dieu !
C’est une évidence, que nous venons de Lui et qu’à Lui nous retournerons, et pourtant, il est si facile de L’oublier ! Il est si vite fait de L’ignorer !
Le quotidien, la vie éphémère d’ici-bas, nous rendent inconscients, amnésiques ! La course folle à la réussite matérielle, au luxe, au pouvoir, à la notoriété nous distrait de Sa présence et nous persuade que ici, est la vie… alors que la Vie à laquelle nous sommes invités est auprès de Lui ! Puissent ces quelques vers, nous rendre le goût de son amour !

Cette beauté que son éclat même dérobe aux yeux
Rend l’âme féconde par le goût de son amour.
La raison, par nostalgie de son parfum, de la lumière de son visage,
Rit, émerveillée, et pourtant se mord les mains.
A chaque aube, son passage me remplit d’une stupeur éperdue.
Avant que l’âme ne devienne ainsi, il ne dévoile pas son visage.
Toute chose que tu aperçois, tu la vois sans en prendre conscience ;
Tant que tu es conscient, en vérité, Il ne se montre pas,
Tu ne participes pas à son souffle, et l’âme n’est pas son amie intime.
Une pensée consciente, elle non plus, n’est pas digne.
Le corps a tissé un voile, l’âme l’a emporté et brûlé,
Car avec ces deux adversaires le coeur ne peut approcher de l’amour.
Tant que deux armées étrangères se trouvent dans cette demeure,
La lutte et le combat ne donnent naissance qu’à la poussière.
Veux-tu sauver ta vie ? Enfuis-toi auprès du sultan.
Si tu bénéficies de l’antidote, le poison ne t’atteindra pas.
A l’ombre de son ombre, goûte la félicité qu’il dispense,
Afin que l’âme remplie de miséricorde se repose jusqu’à la Résurrection.
Quand les yeux deviendront voyants, grâce à ce Roi, Salâh-od-Din,
Le coeur ira vers la rectitude, l’âme se procurera un flambeau.

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Les grâces de l’amour

A travers ces quelques quatrains, ce sont les grâces de l’amour que nous livre Rûmî tel un hymne. Ses paroles au goût suave éveillent et nourrissent l’amoureux. Comment nos coeurs  pourraient-ils rester un seul instant indifférents à cet hymne ?

 A chaque instant, ô ma lune, tu me réclames auprès de toi
Tu m’interroges sur mon état, et tu le connais toi-même.
Tu es comme un cyprès qui marche et la parole pour toi est comme le vent
Je parle, et toi, tu agites la tête, distraitement.

O amour qui es-tu ? Toutes choses t’appartiennent.
Tu es l’union, et tous sont séparés de toi.
Tu restes dans la maison, et tous sont tes gardiens.
Tu es la mère, et tous sont tes enfants.

Ne considère pas cet homme qui a maintes connaissances
Considère sa fidélité, comment sont sa fidélité et sa soumission.
S’il peut être fidèle à ses engagements
L’homme vaut mieux que tous les attributs que tu peux lui conférer.

Dans mon coeur et en dehors de mon coeur, il n’y a que Lui
Dans mon corps, la vie, la veine et le sang ne sont que Lui.
Comment seraient ici possibles l’incroyance et la foi ?
Nul doute s’est dans mon être, puisque tout est Lui.

L’amour est venu et a brisé mon repentir
Comme du verre. Qui peut le raccommoder ?
S’il y a un raccommodeur, c’est aussi l’amour:
Il n’est pas possible de fuir la brisure et la réparation.

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Le jeûne

Le jeûne est une, parmi les voies qui mènent à Dieu, pour nous rappeler combien grande est Sa générosité. Combien belle Sa beauté et combien illimité Son amour.
Je vous fais part de quelques quatrains de Rûmî pour nourrir nos coeurs.

Dans la roseraie je sens le parfum de tes lèvres
Je vois ta couleur dans
la tulipe et le jasmin.
S’il n’en n’était pas ainsi, j’ouvrirais mes lèvres
Afin qu’elles disent ton nom, et que je l’écoute.

Garde ce jeûne comme une corbeille
Afin que ce jeûne pour toi demande à Dieu.
L’eau de la vie rafraichit la brûlure du coeur,
Ce jeûne est comme un aiguière, ne la brise pas !

O chandelle on dirait que tu as la coutume des soufis
Car tu as six attributs des gens de la pureté :
La veille nocturne, le rayonnement du visage, la pâleur,
La brûlure du coeur, les larmes des yeux et l’éveil.

Je suis la montagne : mon écho est la voix du Bien-Aimé
Je suis une peinture : mon peintre est mon Bien-Aimé
Je suis comme une serrure dont le bruit vient de la clé :
Tu crois que est ma parole quand une parole est prononcée.

Je le nomme tantôt le vin, tantôt la coupe
Tantôt l’or pur, tantôt l’argent brut
Tantôt l’appât, tantôt le gibier, tantôt le piège :
Pourquoi donc tout cela ? Pour ne pas dire son nom..

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O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici

Rûmî nous a laissé un héritage merveilleux sur la conscience qu’il avait de Dieu. Sur la compréhension qu’il avait acquise de l’Unité. Sur la certitude que rien n’existe hors Lui (Dieu) . Sur le fait qu’il est indiscutable « qu’ici » en Dieu, est le seul Lieu, la Source du TOUT ! C’est un superbe hommage que cet ode No 118.

La lune a tenu sa promesse d’ici :
Jamais nous ne partirons d’ici.
Ici est le secours de la vie de l’âme,
Et les yeux tirent leur joie d’ici.
C’est ici que le pied s’est enlisé dans la boue,
Comment pourrons-nous nous échapper d’ici ?
C’est ici, je le jure par Dieu, que nous avons laissé notre coeur :
O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici !
C’est ici que la mort ne pénètre pas.
La mort est écartée loin d’ici.
Tu t’es levé d’ici, comme le soleil,
Tes rayons m’ont illuminé, d’ici.
L’âme devient verdoyante, gaie et fraiche :
C’est d’ici qu’elle trouve l’éternité, c’est d’ici.
Retire à nouveau ton voile,
Lève-toi une nouvelle fois d’ici.
C’est ici que se trouve le vin éternel,
O échanson, verse le vin d’ici.
C’est la source de l’eau de la vie,
O porteur d’eau, remplis ton outre d’ici.
Ici les coeurs ont trouvé et des plumes et des ailes,
L’intelligence a pris son essor, d’ici.

Podcast et intermède musical: O Dieu ! N’emmène personne hors d’ici

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