Les épreuves ont été créées par Dieu

Ode mystique No 930, merveille d’invitation à nous interroger sur notre fidélité à Dieu. Qu’en est-il, dans notre coeur du souvenir de Dieu ? Qu’en est-il du regard posé sur les épreuves créées par Dieu à notre encontre  ? Qu’en est-il de la sincérité de nos coeur à dire OUI à Dieu ?

Qu’actions de grâces soient rendues ! Car Il a défait nos liens.
Quand nous nous sommes préparés à rendre grâces, Il a résolu nos difficultés.
Le ciel est bouleversé par ma prière et ma lamentation ;
Le ciel, lui aussi s’est mis à prier.
Tant que notre coeur s’est consumé à chercher la fidélité,
Par honte de nous, la fidélité s’est voilé la face.
Nous sommes comme le cuir sous les rayons de Canope partout où Il se manifeste ;
Nous sommes prosternés devant la source de l’amour partout où elle jaillit.
Derrière la porte du coeur, se trouvent mille portes secrètes :
Dieu les avait fermées ; le serviteur de Dieu les a ouvertes.
Dans cette maison aux deux luminaires, la lune et le soleil,
Dieu, du côté du coeur, a ouvert la porte de la maison.
Dieu a dit : « Ne suis-je pas votre Seigneur » ? Les âmes on répondu : « Oui ».
Les épreuves ont été créées par Dieu comme critère de la sincérité de ce « Oui » .

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Quelle est cette voie cachée

L’ode No 791 nous parle de la mort, du dernier souffle dans le temple du corps et de ce  chant d’appel de Dieu nous invitant à revenir à Lui. Mais quelle est donc cette voie cachée par où Il fait passer les âmes ?

Cette tourterelle de nouveau décida de monter au ciel, et elle s’envola
Dès qu’elle entendit le chant d’appel de l’invisible.
Quand celui qui est le but de l’univers a envoyé son Messager
Pour lui dire : « Venez vers Nous », comment l’âme du disciple ne s’envolerait-elle pas ?
Elle s’envole vers les hauteurs, quand elle trouve de telles ailes ;
Elle déchire l’habit du corps quand lui parvient une telle missive.
Il est comme un lasso qui attire fermement les âmes jusqu’à Lui.
Quelle est cette voie cachée par où Il les fait passer ?
Sa Miséricorde a adressé un message : « Reviens ici ».
Dans cette cage étroite, ton âme a longtemps tremblé.
Pourtant, dans la maison sans portes, tu es comme un oiseau sans ailes.
L’oiseau qui vient du ciel tombe ainsi vers la terre :
Son inquiétude lui ouvrira enfin la porte de la miséricorde.
Bats de l’aile contre la porte et le toit, voici la clé.
Avant que nous ne t’appelions, tu ne connais pas le chemin du retour.
C’est cet appel qui montre la voie à l’intelligence.
Tout ce qui va vers le haut, s’il était vieux, retrouve la jeunesse,
Chaque chose nouvelle qui vient ici est vieillie par le temps.
Va joyeusement vers l’invisible et ne regarde pas en arrière !
Puisses-tu être sous la protection de Dieu ! Là, tout est profit et abondance.
Garde le silence, va vers l’échanson de la vie ;
Il a, dans cette coupe impure, versé le vin pur.

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Contemple Celui qui donne la recherche

Par cet Ode No 1036, Rûmî nous dit, une fois encore, que toute action provient de DIEU ! Il nous invite encore et toujours à nous laisser toucher par l’aiguillon du repentir en plein coeur pour enfin l’éveiller ! Contemple Celui qui donne la recherche ! Ne cesse sous aucun prétexte, de Le contempler Lui, le Causateur de tout !
Jusqu’à quand resterons-nous dans l’assemblée des aveugles et combien de cris pousserons-nous encore dans les oreilles des sourds ?
A quel moment prendrons-nous conscience que toute action vient de DIEU ?

O toi qui t’es arrêté au relais de l’espoir et du détachement,
Jette un regard sur Celui qui confère aux pensées la vision.
O chercheur, ô amoureux ! Contemple Celui qui donne la recherche. 
Vois le Causateur, pourquoi t’attacher à la cause ?
C’est Lui qui te pousse vers la paix ou vers la guerre ;
Parfois dans l’assemblée des Amis, parfois dans les voyages lointains,
Il ne cesse de te contempler, et tu te dissipes de tous côtés.
Il te parle, cependant que tu prêtes l’oreille aux faibles.
C’est Lui qui pique avec l’aiguillon, c’est son cri qui fait aller le boeuf vers le joug.
L’Ami est Jésus, et le cri de l’ânier est pour l’âne.
Boeufs et ânes sont piqués par l’aiguillon au flanc et dans le dos;
Mais toi, tu reçois l’aiguillon du repentir en plein coeur.
Si cet aiguillon qui perce ton coeur d’un trait de feu ne l’a pas éveillé,
C’est par la flamme de l’enfer que tu seras brûlé.
La mort qui te presse rend ton visage pâle comme l’argent ;
Tu rends cet argent et tu poses ta tête sur la pierre dans la tombe.
Il suffit. A combien de mimiques amoureuses tu te livres dans l’assemblée des aveugles !
Combien de cris tu pousses dans les oreilles des sourds !

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Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir

 

Dans l’ode No 99 Rûmî implore le Bien-Aimé, Lui, le créateur de toute chose, de toute vie, en tout lieu, de poser son regard bienveillant sur les créatures.
La douleur de la séparation après la mort de Shams de Tabriz, fut telle, qu’il s’est laissé consumé par l’Amour infini du Bien-Aimé.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir implore-t-il, sors de ta cachette.
Cet ode, tout entier, est une louange à l’Amour infini de Dieu en toute circonstance.
A chacun de le vivre au plus profond de son âme ! A chacun de célébrer la beauté de Son Amour en tout geste, en toute parole, en tout lieu, en toute vérité et en toute simplicité !

Le bien-aimé s’est caché à cause des querelles :
Tous sont partis, tout est désert. Sors de ta cachette.
Sauve ton serviteur du naufrage du désespoir,
Donne la joie à mon visage pâli par le souci.
J’ai transformé mon être en océan de larmes :
Pourquoi ne viens-tu pas contempler l’océan ?
Puisque tu as vu dans le miroir ton propre visage,
Où trouver une vision plus noble que celle-là?
Je me trompe : le miroir ne te contient pas,
Par ta lumière, toutes choses s’anéantissent.
Ce miroir n’a plus besoin de subir de polissage :
C’est par ton visage qu’il devient limpide et pur.
Tu es caché comme l’intelligence, et tout vient de toi,
Les ruines comme les édifices, et cela en tout lieu.
Quiconque demeure dans ta proximité,
Devant lui s’abaisse la terrasse des Pléiades.
Quel est l’état du corps, quand il est séparé de l’âme ?
Quelle excuse aurait celui qui devant toi peut rester indifférent ?
Quel secours trouverait-il chez ses amis intimes
Celui qui est resté esseulé loin de l’âme pleine de douceur ?
Tu es plus suave que le matin, pour les créatures, chaque jour.
Tu es plus délicieux que le sommeil pour ceux qui sont las, le soir.
Je t’ai vu dans mon âme, et je me suis senti délivré.
Je ne parle pas, comme les égarés, des raisons contingentes.
Puisque tu as mis le feu de l’amour dans l’univers,
Le monde est devenu tout rempli de suavité.
La lune et le soleil tirent de toi leur beauté,
L’étoile polaire et les Gémeaux tirent de toi leur être.
Si la nuit est devenue la guérison et le repos des créatures,
C’est parce que ton amour lui a donné cette quiétude des ténèbres.
Les créatures sont pareilles au phalène, le jour est comme la chandelle :
Tu l’as rendu beau par ta propre beauté.
Pour chaque phalène qui a vu ta flamme,
La nuit est devenue plus éclatante que l’aurore.
Il vole autour de la flamme de ta beauté
Jour et nuit, et n’éprouve nulle crainte.

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Souviens-toi

Par les lignes de cet ode mystique, Rûmî redis à notre coeur combien de fois nous nous sommes éloignés du Bien-Aimé, sans même nous en souvenir ! Souviens-toi, Il nous invite ainsi à reprendre le chemin du repentir et de la Foi, de la Grâce et du retour à Son Amour.

Tu es, de nouveau, indifférent. Souviens-toi !
Tu n’as pas accompli ta promesse. Souviens-toi !
Ne disais-tu pas : « Je serai à tes côtés jusqu’à la fin du monde ? »
A présent, c’est l’indifférence qui t’accompagne. Souviens-toi !
Au plus profond des nuits obscures
Tu m’as délaissé, tu t’es endormi. Souviens-toi !
Aux oreilles de mon rival, tu disais des paroles :
Tu m’as vu et tu me les as dissimulées. Souviens-toi !
Ne disais-tu pas : « Je serai pour ton ennemi comme une épine ? »
Avec lui tu t’es épanoui comme une rose. Souviens-toi !
J’ai saisi le pan de ta robe ; tu me l’as arraché ;
Tu as fait ainsi, et tu es parti ; souviens-toi !
Je m’adresse à toi avec de douces paroles ;
Tu me réponds durement. Souviens-toi !
Maintes fois tu es tombé, et j’ai pris ta main ;
Tu pourrais tomber une autre fois ; souviens-toi !

Podcast et intermède musical: Souviens-toi

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